N° 286
du 20/01/2004
Madagascar

La grogne des réservistes
Fer de lance de la lutte pour l’accession au pouvoir de Ravalomanana qui les avait «mobilisés» pour aller à la conquête
des provinces restées sous contrôle de Didier Ratsiraka, les réservistes manifestent depuis quelques temps un certain mécontentement.
Ils ont remis à la presse malgache le 15 janvier une lettre ouverte adressée par eux au président Ravalomanana en personne.


Dans cette lettre, rapporte le journal La Gazette de la Grande Ile, ils ont rappelé fermement au président que c’est lui, l’actuel chef de l’Etat, qui a mis sur pied les réservistes (Zanadambo) et qu’une fois arrivé au pouvoir, c’est à lui de les démobiliser. «Revenir en provinces nous expose à la risée des politiques, et rentrer à la maison, sans un sou en poche, constitue pour nous une insulte», ont-ils écrit au président.
Et d’ajouter : « Nous avons appris que vous avez déjà consacré près de 43 milliards aux réservistes, le 31 décembre dernier, soit 15 millions à distribuer à chacun de nous, à titre de bonification. Cependant, cette enveloppe financière se serait apparemment évaporée dans la nature. Pis, nous craignons de ne plus avoir nos indemnités à la fin de ce mois. Par ailleurs, depuis août 2002, nous n’avons plus perçu que 15 000 fmg d’indemnités journalières alors que le chiffre convenu avec vous, au départ, est 25 000 Fmg. De même, près de 300 noms de réservistes fantômes ont toujours émargé mensuellement dans l’état de paiement des indemnités et, jusqu’à ce jour, aucun indice ne permet aux familles des réservistes, morts en service commandé, de savoir si des dédommagements pourraient leur être alloués ou non. En outre, des recrutements clandestins de réservistes ont encore été opérés en 2003, et bon nombre de ces derniers ont été réengagés dans les forces armées légales».
Fort de ces constats, les réservistes ont donc réclamé au chef de l’Etat «15 millions chacun à titre de prime pour avoir démantelé les barrages et pris le palais de Mahazoarivo (primature) ainsi qu’un défilé d’adieu aux armes à Iavoloha (présidence), sous le haut patronage du président de la République, dans la mesure où les réservistes ont leurs propres corps et drapeau».

Un projet de décret mirobolant qui leur faisait miroiter des primes, l’attribution de terres et autres décorations et qui avait circulé au mois de septembre, a sans doute contribué à rendre ces réservistes plus exigeants, au fur et à mesure qu’approchait la date de leur démobilisation, fixée par décret au 31 décembre 2003.
Ils seraient, selon diverses sources, environ 2500 et seule une petite poignée d’entre eux devrait pouvoir être intégrée dans l’armée.

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