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| Soixante-neuf prisonniers emprisonnés
à la suite de la crise politico-militaire de 2002 (dont six colonels,
onze lieutenants-colonels et treize commandants) ont bénéficié
de la grâce présidentielle de la nouvelle année et ont
été libérés, a annoncé le 16 janvier
le nouveau ministre de la Justice, Mme Lala Henriette
Ratsiharovala. La grâce accordée le 31 décembre 2003 par le président Marc Ravalomanana ne concernait que les détenus condamnés à une peine inférieure à trois ans. Elle excluait les condamnés pour assassinat avec préméditation, tentative de meurtre, coups et blessures corporels, viols, détournements de deniers publics, crimes et délits relatifs aux biens publics. Environ 140 prisonniers pouvaient bénéficier de la grâce, selon une source judiciaire, mais «tous ne veulent pas sortir et préfèrent exécuter leur peine, car la grâce efface la peine mais pas la condamnation», a expliqué Mme Ratsiharovala (sic). Sur les 344 prisonniers politiques détenus depuis la crise de 2002, 192 ont été libérés après leur procès, 40 ont été condamnés, 40 ne sont pas encore jugés, 3 sont morts en prison, et 69 ont été graciés, selon un décompte actualisé du ministère de l’intérieur. L’ex-Premier ministre, Tantely Andrianarivo, a été condamné, le 24 décembre 2003, à 12 ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics, usurpation de fonction et attentat contre le gouvernement. Il a toutefois été autorisé à quitter Madagascar pour se faire soigner en France, son état de santé s’étant dégradé depuis son incarcération en octobre 2002. L’ex-président Didier Ratsiraka, qui avait quitté Madagascar pour la France en juillet 2002, a été condamné par contumace en août dernier à dix ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics, et à la mi-décembre à cinq ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Son vice-Premier ministre de l’époque, Pierrot Rajaonarivelo, lui aussi exilé en France, a été condamné en mars à cinq ans de prison par contumace pour complicité d’usurpation de fonction et le 30 décembre à un an d’emprisonnement ferme (Cf. Afrique Express 286) L’ex-gouverneur de la province autonome de Fianarantsoa, Emilson a été libéré le 9 janvier, bénéficiant de la grâce présidentielle. Commentant ces réductions de peine au compte-goutte, au sortir des vœux du président de la République, Manandafy Rakotonirina, le président du parti MFM, a déclaré : «La décision du président de la République concernant la grâce qu’il a accordée à certains détenus et l’évacuation sanitaire de Tantely Andrianarivo dénote une grande responsabilité. On attend maintenant ce que vont faire les autres institutions, notamment le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Il y a une tâche historique qui incombe à toutes les institutions, et le gouvernement a un rôle central dans cette tâche. Jusque là, il nous paraît ne pas être à la hauteur d’une réelle amnistie...» Manandafy, qui est toujours «conseiller spécial» du président et dont les propos ont été rapportés dans le journal La Gazette de la Grande Ile, milite comme d’autres pour une amnistie générale qui a été repoussée par l’Assemblée où le parti présidentiel, TIM, est majoritaire. | ||||
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