N° 290
du 23/03/2004


Madagascar

Arrestation d’un leader d’opposition
Victor Wing Hong, qui avait organisé le 20 mars une manifestation contre le président Marc Ravalomanana, a été arrêté et inculpé deux jours après, le 22 mars, pour son implication dans la crise politique de 2002.
Victor Wing Hong, qui préside l’Organisation des familles des personnes arrêtées suite à la crise politique actuelle (OFPACPA), a aussitôt été déféré au parquet d’Antananarivo.
Il a été inculpé «d’association de malfaiteurs», pour avoir participé à des barrages, au moyen de sa voiture, pendant la crise de 2002. Il a été entendu par le procureur, puis placé sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimoro, à Antananarivo. Son procès est prévu le 6 avril.
Le pouvoir aura beau dire qu’il n’y a pas de cause à effet, mais l’on peut toutefois s’étonner que les autorités aient mis deux ans avant de «découvrir « le rôle de Victor Wing Hong dans la crise politico-militaire de 2002.
«Cette inculpation ne tient pas debout. La voiture avec laquelle il aurait fait un barrage ne lui appartenait pas», a réagi Liliane Zafinirina, présidente par intérim de l’OFPACPA. «Deux ans après les faits c’est injuste. Pourquoi avoir attendu le 20 mars pour l’arrêter ?», s’est-elle encore demandé.
Victor Wing Hong a été arrêté après la manifestation organisée à Antananarivo par l’OFPACPA et le Comité de réconciliation nationale (CNR),dirigé par l’ancien président Albert Zafy (1993 à 1996).
La manifestation, interdite par la préfecture de police d’Antananarivo, avait été rapidement dispersée, en raison de la présence, au même endroit, de plusieurs milliers de partisans du président Ravalomanana. Selon la gendarmerie, Victor Wing Hong avait été pris à partie par les partisans du président de la République et avait dû fuir dans une voiture de gendarmerie. Il a ensuite été arrêté.
Lors de la manifestation, plusieurs membres de l’OFPACPA ont été violemment malmenés par les partisans de Marc Ravalomanana, selon la gendarmerie.
Le Pr Zafy avait tenu une réunion publique dans la ville de Tulear (côte sud-ouest) le 6 mars, devant quelque 10 000 personnes, pour dénoncer «l’inefficacité du régime actuel» et réclamer une amnistie générale pour les Malgaches condamnés après la crise présidentielle de 2002.

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