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Ce document très
critique à l'égard du président
Bakili Muluzi lu, au nom des chefs de l'Eglise
presbytérienne par les pasteurs au cours de l'office
du dimanche 22 avril, a été bruyamment
acclamé par des fidèles à travers tout
le pays.
Le document de 11 pages, signé par les huit chefs
religieux de l'Eglise presbytérienne d'Afrique
centrale, critique vivement les initiatives du
président pour amender la Constitution afin de
pouvoir briguer un troisième mandat lors de
l'élection de 2004.
"Si la Constitution est amendée pour plaire à
un individu, cet individu va commencer à croire qu'il
est indispensable, que le Malawi ne peut se passer de lui et
(cet individu) va commencer à instituer autour de sa
personne un culte de la personnalité", avertit le
document.
M. Muluzi et son ministre de la Justice, Peter Fachi,
ont condamné ce document, qu'ils ont jugé trop
politique et fallacieux. Mais cette réaction n'a fait
qu'accroître l'intérêt des paroissiens,
à travers tout le pays, pour ce qu'ils ont
appelé "la lettre pastorale". Haut responsable
religieux Daniel Gunya, l'un des signataires du
document, a indiqué que la plupart des signataires se
réuniraient à Blantyre, avant de publier un
nouveau communiqué à ce sujet.
La lecture de ce document fait suite à celle d'une
lettre similaire rédigée par sept
évêques catholiques du Malawi qui ont
critiqué aussi le président Muluzi,accusant
son administration de corruption.
Les chefs religieux ont joué un rôle
déterminant dans la construction du Malawi moderne.
En 1992, les évêques avaient publié une
première lettre pastorale, condamnant les atteintes
aux droits de l'Homme et les disparités sociales et
économiques sous le régime dictatorial du
président Kamuzu Banda.
Après 30 ans de régime oppressif, cette lettre
avait été à l'origine de plusieurs
réformes dans le pays en matière de
démocratie et de droits de l'Homme.
L'Eglise presbytérienne est la deuxième du
pays après l'Eglise catholique. Environ 80% des
Malawites sont chrétiens.
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