- Les décisions de
la Cour suprême sont effectivement parfois en butte
avec les désiderata du parti au pouvoir. Ainsi, le
8 novembre, la Cour suprême avait suspendu
l'expulsion la veille de sept députés de
l'opposition du Parlement, accusés d'avoir rejoint
un groupement politique autre que le parti avec lequel
ils avaient été élus.
- Selon l'avocat, Ralph Kasambara qui
défend les députés, ces exclusions
étaient anticonstitutionnelles, car la loi du
Malawi interdisant à tout député de
changer de parti pendant son mandat sous peine
d'exclusion, n'est entrée en vigueur
qu'après que les députés
incriminés aient rejoints le groupe de pression de
l'Alliance démocratique nationale
(NDA).
- Parmi ces sept députés figurent
Brown Mpinganjira, dirigeant de la NDA, et
Gwanda Chakuamba, leader du Parti du
congrès du Malawi (MCP), deux des
principaux opposants.
- C'est l'un de leurs collègues de l'opposition
qui avait déposé une motion d'exclusion,
ensuite adoptée par la majorité du
Parlement.
- Cette motion stipulait que les sept parlementaires
avaient été élus aux
dernières législatives de 1999, soit sous
l'étiquette du MCP, soit sous celle du parti au
pouvoir, le Front démocratique uni
(UDF), mais que, depuis, ils avaient tous rejoints
la NDA dont "les objectifs sont clairement politiques".
- La NDA, qui doit prochainement se transformer en
parti, a été créée en
début d'année par M. Mpinganjira pour
s'opposer aux tentatives supposées du
président Muluzi de changer la Constitution afin
de pouvoir briguer un troisième mandat en 2004,
campagne à laquelle s'est associée le MCP.
-
- Même les avocats du Malawi ont condamné
par avance toute tentative du président Bakili
Muluzi de changer la Constitution du pays afin de pouvoir
briguer un troisième mandat. "Il n'est pas
souhaitable d'amender la Constitution pour permettre
à l'actuel président d'avoir un nouveau
mandat", a indiqué dans une déclaration du
5 novembre la Law Society du Malawi, qui regroupe
les 120 avocats du pays.
- Selon eux, "comme le montrent les expériences
historiques et internationales", le maintien coûte
que coûte d'un chef de l'Etat à son poste
présente "le danger d'une perte de
légitimité, de tendances dictatoriales et
d'une perte de pouvoir dans le déshonneur".
|