N° 239
du 20/11/2001

Malawi


La Cour suprême suspend
l'expulsion de sept députés du Parlement

Les décisions de la Cour suprême sont effectivement parfois en butte avec les désiderata du parti au pouvoir. Ainsi, le 8 novembre, la Cour suprême avait suspendu l'expulsion la veille de sept députés de l'opposition du Parlement, accusés d'avoir rejoint un groupement politique autre que le parti avec lequel ils avaient été élus.
Selon l'avocat, Ralph Kasambara qui défend les députés, ces exclusions étaient anticonstitutionnelles, car la loi du Malawi interdisant à tout député de changer de parti pendant son mandat sous peine d'exclusion, n'est entrée en vigueur qu'après que les députés incriminés aient rejoints le groupe de pression de l'Alliance démocratique nationale (NDA).
Parmi ces sept députés figurent Brown Mpinganjira, dirigeant de la NDA, et Gwanda Chakuamba, leader du Parti du congrès du Malawi (MCP), deux des principaux opposants.
C'est l'un de leurs collègues de l'opposition qui avait déposé une motion d'exclusion, ensuite adoptée par la majorité du Parlement.
Cette motion stipulait que les sept parlementaires avaient été élus aux dernières législatives de 1999, soit sous l'étiquette du MCP, soit sous celle du parti au pouvoir, le Front démocratique uni (UDF), mais que, depuis, ils avaient tous rejoints la NDA dont "les objectifs sont clairement politiques".
La NDA, qui doit prochainement se transformer en parti, a été créée en début d'année par M. Mpinganjira pour s'opposer aux tentatives supposées du président Muluzi de changer la Constitution afin de pouvoir briguer un troisième mandat en 2004, campagne à laquelle s'est associée le MCP.
 
Même les avocats du Malawi ont condamné par avance toute tentative du président Bakili Muluzi de changer la Constitution du pays afin de pouvoir briguer un troisième mandat. "Il n'est pas souhaitable d'amender la Constitution pour permettre à l'actuel président d'avoir un nouveau mandat", a indiqué dans une déclaration du 5 novembre la Law Society du Malawi, qui regroupe les 120 avocats du pays.
Selon eux, "comme le montrent les expériences historiques et internationales", le maintien coûte que coûte d'un chef de l'Etat à son poste présente "le danger d'une perte de légitimité, de tendances dictatoriales et d'une perte de pouvoir dans le déshonneur".


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