N° 252
du 02/07/2002

Malawi


Un éventuel troisième mandat du président
provoque de vives tensions dans le pays

Le 25 juin, de nombreux policiers armés ont assiégé l’université et plusieurs quartiers de la paisible ville de Zomba (sud du Malawi) pour prévenir des émeutes étudiantes en sciences politiques contre un éventuel troisième mandat du président Bakili Muluzi en 2004.
Les étudiants sont solidaires des organisations non gouvernementales, de l’opposition et des églises chrétiennes, opposées à un troisième mandat de Bakili Muluzi.
La police a par ailleurs interdit des marches qui devaient se dérouler dans les grandes villes du pays à l’appel de plusieurs églises chrétiennes.

Pour sa part, l’Union européenne a appelé à un vaste débat sur la modification de la Constitution du Malawi qui permettrait au président Bakili Muluzi de briguer un troisième mandat. “L’Union européenne enjoint le gouvernement du Malawi de permettre un débat large et informé sur cette importante question, un débat ouvert et assurant une totale liberté d’expression”, a déclaré l’UE dans un communiqué.
“Une constitution nationale est un garde-fou important pour les droits des citoyens et un cadre pour une gouvernance stable”, poursuit ce communiqué, tout en reconnaissant le droit du Parlement à amender la constitution.
La Grande-Bretagne, principal bailleur de fonds pour l’aide au développement du Malawi, avait lancé un appel similaire le 13 juin, préconisant “une plus vaste consultation avant de parvenir à une décision” et demandant à ce que ce débat soit conduit dans une atmosphère “libre de toute intimidation”.
Les Etats-Unis sont le premier pays occidental à s’être publiquement inquiété de la volonté du pouvoir de modifier la Constitution pour permettre au chef de l’Etat de se représenter lors de l’élection présidentielle de 2004 et d’empêcher les manifestations.
Une modification de la constitution en faveur d’un troisième mandat de M. Muluzi, élu puis réélu en 1994 et 1999, est possible à condition qu’elle soit votée par les deux tiers des 193 députés.
Le parti de M. Muluzi, le Front démocratique uni (UDF), ne dispose au Parlement que d’une majorité simple, mais l’opposition et les églises accusent le pouvoir de tenter d’influencer tous ceux qui ont des doutes ou des réticences à propos d’un troisième mandat du président.


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