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La principale église protestante du Malawi a demandé au Parlement de voter la mise en accusation du président Bakili Muluzi pour violation flagrante de la constitution en cherchant à briguer un troisième mandat à la présidentielle de 2004.
Dans un communiqué daté du 17/01, lEglise presbytérienne dAfrique centrale (CCAP), lune des plus influentes dans ce pays majoritairement chrétien, a jugé morbides et égoïstes les tentatives du chef de lEtat de se représenter.
La question du troisième mandat est le point culminant de huit années de mauvaise conduite des affaires de lEtat que les pauvres habitants du Malawi ne méritent pas, ajoute léglise en estimant que Muluzi continue à projeter une image darrogance autoritaire non conforme aux valeurs démocratiques.
Cest à ce jour la plus virulente critique contre le chef de lEtat venant de la société civile, ainsi que la première demande de mise en accusation qui, si elle était votée, pourrait aboutir à sa destitution.
Pour être votée, elle doit dabord être considérée comme justifiée et ensuite recueillir les deux tiers des voix au Parlement.
En juillet 2002, les députés sétaient opposés à une modification de la Constitution qui aurait permis au chef de lEtat, élu démocratiquement en 1994 et réélu en 1999, de se représenter en 2004. La Constitution actuelle nautorise que deux mandats de cinq ans.
Mais en dépit de ce vote, Bakili Muluzi na pas renoncé à tenter de forcer le Parlement à voter à nouveau une modification de la Constitution.
Qui peut se permettre de nêtre au gouvernement que pour dix ans ? Qui ?, sétait-il interrogé lors dun meeting tenu fin décembre dans une banlieue de Blantyre. On ne change pas de gouvernement comme de jupon. Un gouvernement, cest quelque chose de sérieux, avait-il ajouté.
Les bailleurs de fonds internationaux, dont laide est essentielle pour ce pays où 65% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, a également mis en garde le chef de lEtat contre sa volonté de se représenter à tout prix.
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