N° 263
du 29/01/2003

Malawi


La principale église protestante
demande la mise en accusation du président

La principale église protestante du Malawi a demandé au Parlement de voter la mise en accusation du président Bakili Muluzi “pour violation flagrante de la constitution” en cherchant à briguer un troisième mandat à la présidentielle de 2004.
Dans un communiqué daté du 17/01, l’Eglise presbytérienne d’Afrique centrale (CCAP), l’une des plus influentes dans ce pays majoritairement chrétien, a jugé “morbides et égoïstes” les tentatives du chef de l’Etat de se représenter.
“La question du troisième mandat est le point culminant de huit années de mauvaise conduite des affaires de l’Etat que les pauvres habitants du Malawi ne méritent pas”, ajoute l’église en estimant que Muluzi “continue à projeter une image d’arrogance autoritaire non conforme aux valeurs démocratiques”.
C’est à ce jour la plus virulente critique contre le chef de l’Etat venant de la société civile, ainsi que la première demande de mise en accusation qui, si elle était votée, pourrait aboutir à sa destitution.
Pour être votée, elle doit d’abord être considérée comme justifiée et ensuite recueillir les deux tiers des voix au Parlement.
En juillet 2002, les députés s’étaient opposés à une modification de la Constitution qui aurait permis au chef de l’Etat, élu démocratiquement en 1994 et réélu en 1999, de se représenter en 2004. La Constitution actuelle n’autorise que deux mandats de cinq ans.
Mais en dépit de ce vote, Bakili Muluzi n’a pas renoncé à tenter de forcer le Parlement à voter à nouveau une modification de la Constitution.
“Qui peut se permettre de n’être au gouvernement que pour dix ans ? Qui ?”, s’était-il interrogé lors d’un meeting tenu fin décembre dans une banlieue de Blantyre. “On ne change pas de gouvernement comme de jupon. Un gouvernement, c’est quelque chose de sérieux”, avait-il ajouté.
Les bailleurs de fonds internationaux, dont l’aide est essentielle pour ce pays où 65% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, a également mis en garde le chef de l’Etat contre sa volonté de se représenter à tout prix.


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