N° 274
du 16/07/2003

Malawi


Après l’expulsion de membres présumés d’Al-Qaïda
La police tire à balles réelles sur des manifestants musulmans

La police a tiré le 30/06 à balles réelles pour disperser une manifestation de musulmans dans le district de Kasungu (centre), blessant au moins une personne. Les manifestants résistaient et refusaient de se disperser, demandant à la police de les tuer pour qu’ils deviennent des «martyrs» de l’Islam, selon un responsable gouvernemental.
Au moins un des manifestants a été grièvement blessé à une jambe et hospitalisé, mais ses jours ne seraient pas en danger.
Les incidents de Kasungu sont les derniers d’une série de violences impliquant des membres de la minorité musulmane du Malawi, qui ont débuté à Blantyre et se sont poursuivis à Mangochi (sud), après l’arrestation et l’expulsion de cinq musulmans étrangers suspectés d’appartenir au réseau terroriste Al-Qaïda.
Ces arrestations ont été opérées par le gouvernement du Malawi en collaboration avec les Etats-Unis.
Le président Bakili Muluzi a affirmé que l’extradition le mois dernier de cinq membres présumés du réseau terroriste Al-Qaïda avait été dictée par le respect de ses engagements pris auprès de la communauté internationale. M. Muluzi a ajouté que ces suspects, de nationalité turque, soudanaise, saoudienne et kényane, n’avaient pas été extradés aux Etats-Unis pour «faire plaisir au gouvernement américain».
Les cinq suspects, Fahad al-Bahli (Saoudien), Ibrahim Habaci et Arif Ulusam (Turcs), Mahmoud Sardar Issa (Soudanais) et Khalifa Abdi Hassam (Kényan), avaient été arrêtés par la police à Blantyre, la capitale économique du Malawi.
Ils se trouvaient en situation régulière au Malawi où ils travaillaient comme commerçants ou enseignants dans des écoles coraniques.
A la fin du mois de juin, la Haute cour de Justice s’était opposée à deux reprises à leur expulsion, demandée par le gouvernement du président Bakili Muluzi, et exigeant que les suspects soient présentés devant un tribunal sous 48 heures ou remis en liberté sous caution. Le ressortissant kényan a été reconnu par les membres de sa famille, des musulmans du nord-est du Kenya, qui ont affirmé à Garissa qu’il était innocent. Khalif Abdi Hussein, connu au Malawi sous le nom de Khalif Abdi Hassan, a été arrêté le 21 juin en même temps que les autres membres présumés du réseau d’Oussama ben Laden.


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