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Vera Chirwa, 71 ans,
militante historique des droits de l’Homme au Malawi, qui a passé
12 ans en prison sous le régime de Kamuzu Banda, a annoncé
le 05/01 qu’elle serait candidate à l’élection
présidentielle de mai, devenant la première femme du pays
à briguer la magistrature suprême.
«Les hommes ont dominé la politique au Malawi depuis trop
longtemps. C’est sans doute pour cela qu’ils font des erreurs.
Je crois que si une femme arrivait au pouvoir, elle améliorerait
beaucoup de choses», a-t-elle déclaré en précisant
qu’elle se présentera à l’élection du
18 mai en candidate indépendante, car elle n’a «pas
de parti». Elle n’a cependant pas exclu de se joindre à
l’opposition, «s’ils veulent une personnalité
neutre».
L’époux de Vera Chirwa, Orton, était le dirigeant
fondateur du Parti du congrès du Malawi (MCP),
parti du premier président post-indépendance Kamuzu Banda,
dont il fut ministre de la Justice.
Tombé en disgrâce, le couple Chirwa avait pris le chemin
de l’exil avant d’être enlevé, jugé pour
trahison et condamné à la peine de mort. Cette dernière
avait été commuée en peine de prison à vie,
et Vera Chirwa n’a été libérée qu’au
bout de 12 ans, peu après le décès de son mari en
détention.
«Le régime Banda était très répressif,
j’ai moi-même été exilée et emprisonnée,
mais au moins, Banda a bien géré l’économie»,
a déclaré Mme Chirwa.
«Mais je vois à présent que les trois ennemis que
sont la faim, les maladies et la pauvreté gagnent du terrain»,
a-t-elle ajouté.
Le scrutin de mai sera la troisième élection générale
démocratique de l’histoire du Malawi, après deux mandats
de Bakili Muluzi, vainqueur en 1994 et 1999 avec son Front démocratique
uni (UDF). M. Muluzi a tenté en vain en 2002 d’introduire
un amendement constitutionnel pour briguer un 3ème mandat. |