|
Le président
Joaquim Chissano et l'ancien chef rebelle Afonso
Dhlakama ont réussi à écarter dans
l'immédiat le spectre du retour de la guerre civile
au Mozambique en acceptant mutuellement des concessions lors
de sept heures d'entretiens, le 20 décembre.
Le principal parti d'opposition du Mozambique, la
Résistance nationale du Mozambique (RENAMO), a
reconnu le gouvernement du président Chissano, un an
après les élections générales
qu'il affirmait jusqu'à présent
entachées de fraude.
Lors des entretiens et de leur conférence de
presse commune, les deux dirigeants ont donné
l'impression qu'ils se faisaient mutuellement confiance et
voulu prouver qu'ils pouvaient résoudre leurs
divergences par le dialogue.
La RENAMO avait pendant un an affirmé que les
résultats des élections avaient
été faussés par la fraude, en
dépit d'une décision de la Cour suprême
qui les a validés. Pendant onze mois, le
différend est demeuré politique et juridique.
Mais en novembre, les manifestations violentes de la RENAMO
ont fait au moins 40 morts. La mort de 83 partisans de la
RENAMO dans un prison du nord du pays a exacerbé
ensuite les tensions.
MM. Chissano et Dhlakama, qui ne s'étaient pas
rencontrés depuis trois ans, ont accepté de
tenir des réunions régulières de
consultations afin de régler les éventuels
conflits.
"Le fait qu'il y ait eu un dialogue franc et ouvert
entre nous constitue un encouragement et signifie qu'il sera
possible de régler tous les problèmes
restants", a déclaré M. Dhlakama.
Le chef de l'Etat a parlé de "collaboration" avec
la RENAMO. "Tous les compromis auxquels nous sommes parvenus
prouveront au monde que les Mozambicains peuvent
régler eux-mêmes leurs problèmes",
a-t-il dit.
M. Chissano a accepté de consulter l'opposition
sur les nominations concernant les postes clefs de
l'administration de l'Etat et d'en discuter dans le cadre
d'une commission conjointe de travail.
Cette commission examinera également des cas
présumés de discrimination envers d'anciens
soldats de la RENAMO au sein de l'armée nationale
unifiée ainsi que les cas de partisans de la RENAMO
arrêtés à la suite de récentes
manifestations.
Après les accords de paix de 1992 entre l'ancien
mouvement rebelle RENAMO et le pouvoir qui ont mis fin
à 16 ans de guerre civile, certains combattants
rebelles avaient été intégrés
dans l'armée régulière.
|