N° 220
du 29/12/2000

Mozambique


Le spectre du retour à la guerre civile écarté
La RENAMO reconnaît le gouvernement
du président Chissano

Le président Joaquim Chissano et l'ancien chef rebelle Afonso Dhlakama ont réussi à écarter dans l'immédiat le spectre du retour de la guerre civile au Mozambique en acceptant mutuellement des concessions lors de sept heures d'entretiens, le 20 décembre.
Le principal parti d'opposition du Mozambique, la Résistance nationale du Mozambique (RENAMO), a reconnu le gouvernement du président Chissano, un an après les élections générales qu'il affirmait jusqu'à présent entachées de fraude.
Lors des entretiens et de leur conférence de presse commune, les deux dirigeants ont donné l'impression qu'ils se faisaient mutuellement confiance et voulu prouver qu'ils pouvaient résoudre leurs divergences par le dialogue.
La RENAMO avait pendant un an affirmé que les résultats des élections avaient été faussés par la fraude, en dépit d'une décision de la Cour suprême qui les a validés. Pendant onze mois, le différend est demeuré politique et juridique. Mais en novembre, les manifestations violentes de la RENAMO ont fait au moins 40 morts. La mort de 83 partisans de la RENAMO dans un prison du nord du pays a exacerbé ensuite les tensions.
MM. Chissano et Dhlakama, qui ne s'étaient pas rencontrés depuis trois ans, ont accepté de tenir des réunions régulières de consultations afin de régler les éventuels conflits.
"Le fait qu'il y ait eu un dialogue franc et ouvert entre nous constitue un encouragement et signifie qu'il sera possible de régler tous les problèmes restants", a déclaré M. Dhlakama.
Le chef de l'Etat a parlé de "collaboration" avec la RENAMO. "Tous les compromis auxquels nous sommes parvenus prouveront au monde que les Mozambicains peuvent régler eux-mêmes leurs problèmes", a-t-il dit.
M. Chissano a accepté de consulter l'opposition sur les nominations concernant les postes clefs de l'administration de l'Etat et d'en discuter dans le cadre d'une commission conjointe de travail.
Cette commission examinera également des cas présumés de discrimination envers d'anciens soldats de la RENAMO au sein de l'armée nationale unifiée ainsi que les cas de partisans de la RENAMO arrêtés à la suite de récentes manifestations.
Après les accords de paix de 1992 entre l'ancien mouvement rebelle RENAMO et le pouvoir qui ont mis fin à 16 ans de guerre civile, certains combattants rebelles avaient été intégrés dans l'armée régulière.


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