- Le premier
congrès de l'après-guerre civile du
principal parti d'opposition, l'ancienne rébellion
de la Résistance nationale du Mozambique
(RENAMO), a été marqué
par des violences entre militants qui ont fait au moins
deux blessés graves. En dépit des violences
exercées par ses hommes, Afonso
Dhlakama, 50 ans, a été très
confortablement réélu à la
tête du parti face à deux parlementaires,
Agostinho Murriel et Manuel Pereira.
-
- Ce congrès qui s'est achevé le 1er
novembre à Mampula (nord), l'un des fiefs de la
RENAMO, aurait du être dominé par la
préparation des futures élections
générales de 2004, mais les débats
ont été occultés par l'attitude
répressive des services de sécurité
du parti.
- A deux reprises, à l'ouverture du
congrès lundi 29 octobre et lors de la
dernière journée, ils ont violemment
frappé des anciens combattants de la guerre civile
manifestant contre la direction qui, selon eux, oublie
les "sacrifices" consentis pendant la guerre entre 1976
et 1992.
- Plutôt que de rejoindre l'armée
nationale après la signature de paix en 1992,
beaucoup d'anciens rebelles de la RENAMO, en guerre
contre le Front de libération du Mozambique
(FRELIMO, au pouvoir), ont opté pour un retour
à la vie civile.
- En dépit d'une aide financière des
Nations unies pour leur démobilisation, ils ont
souvent eu du mal à réussir leur
reconversion en raison d'une situation économique
difficile caractérisée par le manque
d'emplois.
- Pour protester contre leur situation, les
manifestants ont brandi des banderoles affirmant que le
congrès n'était qu'un "rassemblement de
copains" et que les "intérêts des anciens
combattants RENAMO ont été oubliés",
selon la lettre d'information indépendante
Mediafax.
- Fernando Morais et Jose Bimalima, deux
de ces anciens combattants qui souhaitaient rencontrer le
leader de la RENAMO, Afonso Dhlakama, ont
été grièvement blessés et
transportés à l'hôpital.
- Plusieurs autres ont été plus
légèrement atteints par les membres du
service de sécurité, armés de fusils
d'assaut AK-47 et de pistolets, selon Mediafax qui
affirme que des journalistes de la
télévision d'Etat TVM ont également
été agressés par les "gros bras" de
la RENAMO.
- L'existence d'un service de sécurité
propre à ce parti et à son leader fait
l'objet d'un débat passionné au Mozambique.
- Depuis la signature de l'accord de paix, M. Dhlakama
a toujours refusé que sa protection soit
assurée par des membres de la police nationale,
accusés d'être pro-gouvernementaux.
- Sa sécurité et celle d'autres
dirigeants du parti relève donc du ressort d'une
centaine d'hommes armés qui leur servent de gardes
du corps et protègent également la
propriété du M. Dhlakama d'Inhaminga
(centre), une ancienne base militaire de la RENAMO, ainsi
que les principaux bâtiments du parti.
- Le président de la République,
Joaquim Chissano, a récemment
annoncé son intention de démanteler la
"milice" de M. Dhlakama dans le cadre d'un programme
national destiné à récupérer
les armes détenues illégalement.
- Un projet de démantèlement
interprété par la RENAMO comme le signe que
l'on veut assassiner son leader.
|