N° 239
du 20/11/2001

Mozambique


Les oubliés de l'après-guerre donnent de la voix
Violences lors du premier congrès de la RENAMO

Le premier congrès de l'après-guerre civile du principal parti d'opposition, l'ancienne rébellion de la Résistance nationale du Mozambique (RENAMO), a été marqué par des violences entre militants qui ont fait au moins deux blessés graves. En dépit des violences exercées par ses hommes, Afonso Dhlakama, 50 ans, a été très confortablement réélu à la tête du parti face à deux parlementaires, Agostinho Murriel et Manuel Pereira.
 
Ce congrès qui s'est achevé le 1er novembre à Mampula (nord), l'un des fiefs de la RENAMO, aurait du être dominé par la préparation des futures élections générales de 2004, mais les débats ont été occultés par l'attitude répressive des services de sécurité du parti.
A deux reprises, à l'ouverture du congrès lundi 29 octobre et lors de la dernière journée, ils ont violemment frappé des anciens combattants de la guerre civile manifestant contre la direction qui, selon eux, oublie les "sacrifices" consentis pendant la guerre entre 1976 et 1992.
Plutôt que de rejoindre l'armée nationale après la signature de paix en 1992, beaucoup d'anciens rebelles de la RENAMO, en guerre contre le Front de libération du Mozambique (FRELIMO, au pouvoir), ont opté pour un retour à la vie civile.
En dépit d'une aide financière des Nations unies pour leur démobilisation, ils ont souvent eu du mal à réussir leur reconversion en raison d'une situation économique difficile caractérisée par le manque d'emplois.
Pour protester contre leur situation, les manifestants ont brandi des banderoles affirmant que le congrès n'était qu'un "rassemblement de copains" et que les "intérêts des anciens combattants RENAMO ont été oubliés", selon la lettre d'information indépendante Mediafax.
Fernando Morais et Jose Bimalima, deux de ces anciens combattants qui souhaitaient rencontrer le leader de la RENAMO, Afonso Dhlakama, ont été grièvement blessés et transportés à l'hôpital.
Plusieurs autres ont été plus légèrement atteints par les membres du service de sécurité, armés de fusils d'assaut AK-47 et de pistolets, selon Mediafax qui affirme que des journalistes de la télévision d'Etat TVM ont également été agressés par les "gros bras" de la RENAMO.
L'existence d'un service de sécurité propre à ce parti et à son leader fait l'objet d'un débat passionné au Mozambique.
Depuis la signature de l'accord de paix, M. Dhlakama a toujours refusé que sa protection soit assurée par des membres de la police nationale, accusés d'être pro-gouvernementaux.
Sa sécurité et celle d'autres dirigeants du parti relève donc du ressort d'une centaine d'hommes armés qui leur servent de gardes du corps et protègent également la propriété du M. Dhlakama d'Inhaminga (centre), une ancienne base militaire de la RENAMO, ainsi que les principaux bâtiments du parti.
Le président de la République, Joaquim Chissano, a récemment annoncé son intention de démanteler la "milice" de M. Dhlakama dans le cadre d'un programme national destiné à récupérer les armes détenues illégalement.
Un projet de démantèlement interprété par la RENAMO comme le signe que l'on veut assassiner son leader.


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