N° 252
du 02/07/2002

Mozambique


40ème anniversaire du FRELIMO
Le président Joaquim Chissano, réélu président du parti,
fait la promotion d’Armando Guebuza qui briguera la présidence

Le président mozambicain Joaquim Chissano a profité le 25 juin des fêtes du 27ème anniversaire de l’indépendance de son pays pour promouvoir celui qui représentera son parti dans la course à la présidentielle de 2004, Armando Guebuza,. Lors d’un meeting organisé à Maputo devant des milliers de personnes, le chef de l’Etat a levé la main de M. Guebuza, déclarant à la foule: “il va nous diriger et il a prouvé qu’il en était capable”.
Armando Guebuza, 59 ans, ancien combattant de la guerre d’indépendance contre le Portugal, devenu riche homme d’affaires, a été désigné secrétaire général du Front de libération du Mozambique (FRELIMO, au pouvoir) par ses instances dirigeantes et candidat de ce parti à la présidentielle de 2004, à laquelle M. Chissano ne se représente pas.
Le président Chissano a défendu la politique contestée menée par Armando Guebuza en 1983, quand, alors ministre de l’Intérieur, il avait dirigé l’arrestation de milliers de chômeurs des grandes villes de Maputo et Beira et leur déportation dans la province rurale pauvre de Niassa (nord).
Le chef de l’Etat a affirmé que cette opération était nécessaire et que son objectif était de faire en sorte que ces chômeurs ne sombrent pas dans la criminalité et la prostitution pour leur survie.
“Nous ne le regrettons pas. Il fallait agir ainsi à l’époque et Guebuza agissait selon la volonté du gouvernement”, a-t-il déclaré, rappelant aussi le rôle essentiel joué par M. Guebuza dans les négociations de paix avec la rébellion de la Résistance nationale du Mozambique (RENAMO) qui ont mis fin en 1992 à seize d’une guerre civile qui a fait un million de morts.
Joaquim Chissano, 63 ans, avait succédé en 1986 à Samora Machel, premier président du Mozambique indépendant, mort dans un mystérieux accident d’avion en Afrique du Sud, à proximité de la frontière mozambicaine.
M. Chissano avait été élu lors des premières élections multipartites de l’histoire du pays, organisées en 1994, puis réélu en 1999 lors d’élections générales (présidentielle et législatives) dont les résultats ont été contestés par la RENAMO, devenu principal parti d’opposition.

Joaquim Chissano n’entend semble-t-il pas quitter totalement la scène politique puisqu’il s’est fait réélire à la présidence du FRELIMO lors du congrès de ce parti le 18 juin à Maputo. Il était le seul candidat à la présidence du FRELIMO. Armando Guebuza, actuellement leader du groupe parlementaire du FRELIMO à l’Assemblée, a été élu secrétaire général du parti.
Le retrait de l’expression “contre la bourgeoisie” et son remplacement par l’expression “pour le progrès et le développement” dans l’hymne du parti ont été ratifié au cours de ce congrès qui s’est tenu du 13 au 17 juin.
Enfin, une semaine après ce congrès extraordinaire , le FRELIMO a commémoré son 40ème anniversaire, sur le thème : “Le FRELIMO, 40 années à construire le Mozambique”.

Rappel : le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique) a été créé en juin 1962 à Dar-Es-Salam en Tanzanie. Avec à sa tête Eduardo Mondlane, le parti se lance en 1964 dans la lutte armée contre le colonialisme portugais. Après dix années de guérilla, le FRELIMO signe en 1974 les Accords de Lusaka engageant le pays vers l’Indépendance officiellement déclarée le 25 juin 1975.
Au pouvoir depuis 1975, le FRELIMO doit faire face à partir de 1977 aux attaques de la RENAMO (Résistance Nationale du Mozambique), soutenue par le régime sud-africain encore sous apartheid.
En 1992, les deux partis ont signé les accords de Rome qui ont mis fin à seize années de guerre.