Le chef de l’Etat des Seychelles,
France Albert René, qui avait annoncé en
février sa démission, quittera officiellement son poste le
14 avril. Il cèdera sa place à son actuel vice-président
James Michel, conformément à la constitution.
France Albert René, en poste depuis son coup d’Etat en 1977,
a remis au président de l’Assemblée nationale
Francis MacGregor sa lettre de démission, qui deviendra
effective le 14 avril, conformément à la Constitution.
«L’investiture de James Michel en tant que président
aura lieu le 14 avril» à Victoria, la capitale des Seychelles,
ajoute le texte.
Le 24 février, le président sortant, âgé de 68
ans, avait annoncé son retrait dans l’année, expliquant
qu’il «devenait vieux».
Il avait estimé qu’il était temps «de remettre
le pouvoir à quelqu’un de plus jeune et qui est loyal aux principes
de continuité du pouvoir».
James Michel, âgé de 59 ans, a eu la plus longue carrière
de ministre dans le régime de M. René. Nommé à
son cabinet après le coup d’Etat de 1977, il a eu divers portefeuilles
avant d’être promu à la vice-présidence en août
1996. Il détient encore celui des Finances et du Plan, parallèlement
à son statut de vice-président.
Le coup d’Etat qui avait amené M. René au pouvoir, le
5 juin 1977, n’avait pas versé de sang. Il avait renversé
le premier président du pays, James Mancham, moins d’un an
après l’indépendance, obtenue de la Grande-Bretagne
le 29 juin 1976.
M. René avait alors instauré un système de parti unique,
qui a duré jusqu’en 1991, année de la réintroduction
du multipartisme.
Il avait remporté les élections multipartites de 1993 et 1998,
obtenant à chaque fois un mandat de cinq ans, mais il avait abrégé
celui de 1998 en 2001 pour appeler à une élection présidentielle
anticipée, qu’il a également remportée.
Son dernier mandat courait jusqu’en 2006. La Constitution des Seychelles,
adoptée en 1992 après la réintroduction du multipartisme,
fixe la limite à trois mandats présidentiels de cinq ans.
M. Michel devient automatiquement président au départ de M.
René, selon la Constitution, jusqu’à la prochaine présidentielle,
en 2006, à l’échéance prévue du mandat
de son prédécesseur.
Le vice-président Michel, marié et père d’un
fils, était le co-listier du président René lors des
présidentielles de 1998 et 2001.
Le Parti national des Seychelles (SNP), principale formation
d’opposition du pays, a annoncé qu’il «reconnaîtra»
le président James Michel, a annoncé son leader, Wavel
Ramkalawan.
M. Ramkalawan a souligné toutefois que la Constitution autorise selon
lui le vice-président à succéder au président
sans élection si celui-ci est contraint à la démission
par la maladie «ou un évènement tragique entraînant
une incapacité à gouverner».
Il estime qu’en l’occurrence, cette clause de succession a été
utilisée pour permettre à M. Michel de se préparer
à l’échéance présidentielle de 2006, et
le SNP va réclamer une élection anticipée «pour
tester la popularité de M. Michel», a-t-il précisé.
«Quand cela procède d’un arrangement secret et confortable
afin de permettre à un successeur de s’installer en politique,
il y a détournement», a-t-il expliqué.
«Tout en maintenant sa position à ce sujet, le Parti national
des Seychelles reconnaîtra le président James Michel»
et «continuera à jouer son rôle d’opposant sérieux
et responsable», a-t-il poursuivi.
«La transition ouvre un nouveau chapitre dans l’Histoire de
notre pays, et j’espère que la démocratie en sera la
référence», a-t-il ajouté. |