|
Des groupes
pro-démocratie au Swaziland ont transmis le 11
juillet au roi Mswati III une lettre demandant de
revoquer un récent décret, très
controversé, renforçant son contrôle sur
le pouvoir judiciaire. "Nous appelons Votre Majesté a
révoquer le décret, ainsi que le
décret royal du 12 avril 1973 (instaurant la
monarchie absolue et interdisant les partis, NDR) qui
nous ont privés de nos libertés
fondamentales", indique le texte de l'Alliance
démocratique du Swaziland (SDA), collectif de
huit organisations.
Le décret de juin, consécutif à des
bras-de-fer entre le pouvoir et des publications, invalidait
des jugements passés, faisait passer hors
compétence des tribunaux des domaines comme
l'interdiction des journaux et livres. Il faisait aussi des
déclarations mettant en cause le roi un délit
désormais grave, sans possibilité de
libération sous caution des suspects.
Le décret a été condamné par
le mouvement syndical du Swaziland &emdash;qui en l'absence
de partis cristallise l'opposition&emdash; par la puissante
centrale syndicale COSATU de l'Afrique du Sud voisine, ainsi
que par la communauté diplomatique, l'ambassadeur
américain estimant que cela amenait "à se
poser des questions" sur l'attachement du royaume aux Droits
de l'Homme.
L'ONG Human Rights Watch a adressé aussi une
lettre au roi Mswati III, l'appelant à "revoir" le
décret et à ¦uvrer avec la commission de
réforme constitutionnelle et la société
civile pour "rectifier la situation pour protéger la
liberté d'expression, d'associations, et une justice
équitable et impartiale".
Pour l'heure, le roi a seulement assuré qu'il
n'avait "pas eu le temps" d'étudier en profondeur le
texte du décret et ses implications, lorsqu'il lui
avait été soumis pour signature, juste avant
un déplacement à New York le mois dernier. et
d'ajouter : "Je vais prendre le temps de l'examiner avant de
pouvoir dire s'il est mauvais ou pas". Bonne idée.
|