- Le roi Mswati III du
Swaziland a formé le 1er décembre une
équipe de 15 personnes qui sera chargée,
sous 18 mois, de rédiger la future constitution du
royaume, nouvelle étape d'un très lent
processus de réforme institutionnelle
entamé il y a cinq ans. Ce comité sera
assisté d'experts internationaux à une date
ultérieure
- L'équipe annoncée comprend des
représentants du monde universitaire, des
affaires, des chefs traditionnels, des avocats et
juristes, et même un artiste de gospel. Plusieurs
de ses membres sont proches de la famille royale.
- Cette commission doit prendre le relais de la
Commission de révision constitutionnelle
(CRC), qui avait mis plus de quatre ans à
recueillir plusieurs milliers d'avis sur des
réformes souhaitées, à travers le
royaume essentiellement rural d'un million d'habitants.
- La CRC avait rendu au roi en août ses
conclusions, concluant que le peuple swazi souhaitait un
maintien du système politique actuel de monarchie
absolue, où les partis politiques sont interdits,
avec un renforcement du pouvoir des tinkhundla
(conseils traditionnels).
- Une Déclaration des droits,
réclamée à cor et a cri par les
groupes pro-démocratie, pourrait être
intégrée à la Constitution, à
condition de ne pas entrer en conflit avec les coutumes
du royaume, ajoutait la CRC.
- Le rapport avait été
dénoncé par les groupes
pro-démocratie et mouvement d'opposition, dont des
membres avaient d'ailleurs quitté la CRC à
mi-parcours pour protester contre son inefficacité
et son parti-pris.
- C'était le cas de Mario Masuku,
dirigeant du Mouvement démocratique uni du
peuple (PUDEMO). Masuku, inculpé fin
2000 pour "sédition" lors d'une réunion
pro-démocratie, puis de nouveau
arrêté en octobre pour non-respect de son
régime de liberté provisoire, est
aujourd'hui en prison, dans l'attente d'un procès.
(cf. ci-dessous)
- Aucun représentant de mouvements d'opposition
ne pouvait être joint dimanche pour commenter
l'annonce de samedi.
-
- Le PUDEMO a appelé la communauté
internationale à ne pas aider ce processus de
rédaction d'une nouvelle Constitution,
dénoncé comme un "cirque"
illégitime. Le secrétaire
général du PUDEMO Bong'nkhosi
Dlamini a estimé que l'exercice visait
à duper la communauté internationale en la
persuadant que le Swaziland va vers la démocratie.
- Selon le PUDEMO, la voie à suivre passe par
"des négociations au sein d'une convention
nationale" en vue d'une nouvelle Constitution,
après des élections démocratiques
menées sur la base d'une Constitution de
transition.
- Le Swaziland connaît depuis près de deux
ans des tensions sociales et politiques croissantes, en
lien avec les appels à des réformes
démocratiques. La réaction des
autorités s'est notamment traduite par des
attaques juridiques contre la presse, l'interdiction de
meetings et le harcèlement de certains opposants.
-
- L'état de santé de Masuku se
dégrade en prison
-
- Le leader du PUDEMO, Mario Masuku, est malade dans la
prison où il est détenu depuis octobre,
dans l'attente d'un procès pour "sédition"
en 2002, ont indiqué sa famille et des officiels.
Il a toutefois reçu la visite d'un médecin
de famille à la prison de Matsapha à
Mbabane. Le docteur a diagnostiqué hypertension et
diabète, a indiqué la fille de Masuku,
Thandiswa.
- Le secrétaire générale du
PUDEMO, Bong'nkhosi Dlamini, a appelé les
autorités à "le juger au plus vite, ou
à le remettre en liberté si les poursuites
n'aboutissent pas".
- Le procès pourrait débuter en
février, lors de la première session
judiciaire de 2002.
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