N° 241
du 17/12/2001

Swaziland


Le roi Mswati III
annonce un comité de rédaction pour une nouvelle Constitution
L'opposition rigole...

Le roi Mswati III du Swaziland a formé le 1er décembre une équipe de 15 personnes qui sera chargée, sous 18 mois, de rédiger la future constitution du royaume, nouvelle étape d'un très lent processus de réforme institutionnelle entamé il y a cinq ans. Ce comité sera assisté d'experts internationaux à une date ultérieure
L'équipe annoncée comprend des représentants du monde universitaire, des affaires, des chefs traditionnels, des avocats et juristes, et même un artiste de gospel. Plusieurs de ses membres sont proches de la famille royale.
Cette commission doit prendre le relais de la Commission de révision constitutionnelle (CRC), qui avait mis plus de quatre ans à recueillir plusieurs milliers d'avis sur des réformes souhaitées, à travers le royaume essentiellement rural d'un million d'habitants.
La CRC avait rendu au roi en août ses conclusions, concluant que le peuple swazi souhaitait un maintien du système politique actuel de monarchie absolue, où les partis politiques sont interdits, avec un renforcement du pouvoir des tinkhundla (conseils traditionnels).
Une Déclaration des droits, réclamée à cor et a cri par les groupes pro-démocratie, pourrait être intégrée à la Constitution, à condition de ne pas entrer en conflit avec les coutumes du royaume, ajoutait la CRC.
Le rapport avait été dénoncé par les groupes pro-démocratie et mouvement d'opposition, dont des membres avaient d'ailleurs quitté la CRC à mi-parcours pour protester contre son inefficacité et son parti-pris.
C'était le cas de Mario Masuku, dirigeant du Mouvement démocratique uni du peuple (PUDEMO). Masuku, inculpé fin 2000 pour "sédition" lors d'une réunion pro-démocratie, puis de nouveau arrêté en octobre pour non-respect de son régime de liberté provisoire, est aujourd'hui en prison, dans l'attente d'un procès. (cf. ci-dessous)
Aucun représentant de mouvements d'opposition ne pouvait être joint dimanche pour commenter l'annonce de samedi.
 
Le PUDEMO a appelé la communauté internationale à ne pas aider ce processus de rédaction d'une nouvelle Constitution, dénoncé comme un "cirque" illégitime. Le secrétaire général du PUDEMO Bong'nkhosi Dlamini a estimé que l'exercice visait à duper la communauté internationale en la persuadant que le Swaziland va vers la démocratie.
Selon le PUDEMO, la voie à suivre passe par "des négociations au sein d'une convention nationale" en vue d'une nouvelle Constitution, après des élections démocratiques menées sur la base d'une Constitution de transition.
Le Swaziland connaît depuis près de deux ans des tensions sociales et politiques croissantes, en lien avec les appels à des réformes démocratiques. La réaction des autorités s'est notamment traduite par des attaques juridiques contre la presse, l'interdiction de meetings et le harcèlement de certains opposants.
 
L'état de santé de Masuku se dégrade en prison
 
Le leader du PUDEMO, Mario Masuku, est malade dans la prison où il est détenu depuis octobre, dans l'attente d'un procès pour "sédition" en 2002, ont indiqué sa famille et des officiels. Il a toutefois reçu la visite d'un médecin de famille à la prison de Matsapha à Mbabane. Le docteur a diagnostiqué hypertension et diabète, a indiqué la fille de Masuku, Thandiswa.
Le secrétaire générale du PUDEMO, Bong'nkhosi Dlamini, a appelé les autorités à "le juger au plus vite, ou à le remettre en liberté si les poursuites n'aboutissent pas".
Le procès pourrait débuter en février, lors de la première session judiciaire de 2002.


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