N°256
du 02/10/2002

Swaziland


Manifestation tolérée pour la première fois depuis 10 ans

Le gouvernement a autorisé le 30 septembre le déroulement d’une manifestation pacifique en faveur d’une plus grande démocratie, une première depuis dix ans, selon un ancien chef de gouvernement qui était au nombre des manifestants. “Ce que nous vivons aujourd’hui me rappelle le bon vieux temps où, en tant que Premier ministre, j’autorisais les jeunes à organiser des cortèges”, a déclaré Obed Dlamini, ancien chef du gouvernement et actuel dirigeant d’un parti d’opposition.
La manifestation d’une trentaine de personnes, qui s’est déroulée pacifiquement, était organisée par l’Alliance Démocratique du Swaziland (SDA) regroupant différentes organisations demandant l’adoption d’une nouvelle constitution plus démocratique au Swaziland, l’une des dernières monarchie absolue au monde.
Obed Dlamini a expliqué que la dernière activité politique “libre” dont il se souvenait remontait à 1992, quand son gouvernement avait autorisé un cortège du Congrès de la Jeunesse du Swaziland sur une trentaine de kilomètres entre la ville de Manzini et la capitale, Mbabane.
A la plus grande surprise des manifestants, un officier de police a expliqué que rien ne serait fait pour arrêter leur progression.
“En tant que membres de la police nous voulons vous assurer que nous voulons traiter avec vous de manière pacifique, et nous voulons que vous fassiez preuve de maturité lorsque vous approcherez des bureaux du Premier ministre”, a même ajouté l’un des officiers de police, Mike Zwane.
Les manifestants ont été autorisés à remettre à un représentant du gouvernement leur pétition intitulée “Vers une nouvelle constitution démocratique”.
Ils demandent au roi Mswati III, au pouvoir depuis 1986, d’engager un large débat à l’échelle nationale sur un projet de nouvelle constitution.
Un projet de révision constitutionnelle est déjà en cours dans ce qui doit être la dernière étape d’un processus de réforme institutionnelle entamé en 1996. Mais les groupements d’opposition font valoir que ce projet officiel est sous influence du roi, illégitime et sans réelle intention de réforme, et qu’il constitue une “duperie” visant uniquement à rassurer les bailleurs de fonds internationaux.


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