N° 235
du 17/09/2001

Zambie


Procès d'opposants et de journalistes
accusés d'avoir diffamé le président

Deux opposants et deux journalistes zambiens se sont présentés le 14 septembre devant un tribunal de Lusaka qui devait les juger pour diffamation à l'encontre du président de la République, Frederick Chiluba. Les opposants, Edith Nawakwi et Dipak Patel, dirigeants du Forum pour la démocratie et le développement (FDD) et les journalistes, Fred M'membe, rédacteur en chef du quotidien privé The Post et Bivan Saluseki, un de ses reporters, sont jugés pour avoir traité M. Chiluba de "voleur".
Le procès a été ajourné au 15 octobre.
La diffamation à l'encontre du chef de l'Etat est passible d'une peine maximum de 3 ans de prison ferme.
Tous les quatre avaient été interpellés par la police le mois dernier et inculpés.
En outre, le FDD affirme que Mme Nawakwi est en danger de mort, les services secrets ayant planifié son assassinat et la justice a rappelé à la police qu'elle avait le devoir de la protéger.

Plus de 3.000 Zambiens ont signé un texte intitulé "Chiluba est un voleur" pour marquer leur soutien aux quatre inculpés. Une centaine d'entre eux s'étaient présentés début septembre à la police pour demander à être arrêtés, ce qui ne s'était pas produit. Sept dirigeants de l'opposition ont saisi la Haute cour de justice du pays pour qu'elle oblige la police à arrêter tous les signataires de ce texte. Le jugement de la Haute cour est attendu le 21 septembre.
La situation politique est tendue en Zambie, à l'approche d'élections présidentielle et législatives prévues en octobre où en novembre, le pouvoir de M. Chiluba, qui ne se représentera pas, menant une importante campagne d'intimidation à l'encontre de l'opposition.
Cette dernière accuse le président de la République, au pouvoir depuis 1991, d'avoir profité de ses fonctions pour s'enrichir frauduleusement.
Fisho Mwale, porte-parole du FDD, et Njekwa Anamela, porte-parole du Parti uni de l'indépendance nationale (UNIP - ancien parti au pouvoir), ont été arrêtés le 3 septembre, toujours pour diffamation à l'encontre de Chiluba.


Retour au sommaire ZAMBIE

Retour Home