- A la surprise
générale, Levy Mwanawasa, ancien
vice-président du président Frederick
Chiluba retiré de la scène politique depuis
plusieurs années, désigné candidat
du parti au pouvoir, le Mouvement pour la
démocratie multipartite (MMD), à
la présidentielle du 27 décembre,
était donné en tête selon les milieux
proches du pouvoir, à la grande surprise
générale.
- Agé de 53 ans, Levy Mwanawasa est l'un des
plus grands avocats de Zambie. Après avoir servi
un temps sous le régime de l'ancien
président Kenneth Kaunda, il est devenu le premier
vice-président de Frederick Chiluba lors de sa
victoire en 1991 à l'occasion des premières
élections pluralistes de Zambie.
- Il a démissionné de ce poste en 1994,
pour protester contre ce qu'il percevait comme du laxisme
de la part du pouvoir à l'égard de la
corruption et du trafic de drogue.
- Un an après, il décidait d'abandonner
la vie politique et la surprise fut de taille en Zambie
lorsqu'en août, le président Chiluba,
après avoir annoncé qu'ils renonçait
finalement à un troisième mandat, le
présentait comme le candidat du parti au pouvoir
à la présidentielle.
- Pour ses opposants, Levy Mwanawasa n'est que la
"marionnette" de Frederick Chiluba. "Voter pour
Mwanawasa, c'est voter pour le troisième mandat de
Chiluba", soulignait l'un des slogans de l'opposition.
- Pourtant, même ses adversaires reconnaissent
qu'il a une certaine crédibilité, du fait
de son honnêteté, qualité rare dans
l'entourage du président Chiluba dont les dix ans
de pouvoir ont été marqués par de
nombreuses affaires de corruption.
- Il se présente d'ailleurs lui-même comme
un homme ayant quitté la vice-présidence
pour des questions de principe et capable de "nettoyer"
le MMD de ses éléments les moins
présentables en cas de victoire.
- "Peu nombreux sont ceux qui peuvent
démissionner de leur poste de
vice-président pour protester contre la
corruption. Je l'ai fait par amour de mon pays", a-t-il
souvent répété pendant la campagne.
- Mais, depuis qu'il a été très
grièvement blessé dans un accident de
voiture au début des années 90 alors qu'il
était encore vice-président, nombreux sont
ceux qui considèrent que ses capacités
intellectuelles ont considérablement
diminué et qu'il n'est plus apte à assumer
les plus hautes fonctions de l'Etat.
- "C'est un homme intelligent, mais, depuis cet
accident, il n'est plus capable de prendre des
décisions indépendantes", a estimé
l'ancien président Kenneth Kaunda, en conseillant
aux électeurs de ne pas voter pour lui.
- Cet accident a été utilisé
à fond par l'opposition qui parle de dommages au
cerveau, de trous de mémoires et note qu'en raison
de problèmes d'élocution, M. Mwanawasa a
refusé de participer à des débats
publics pendant la campagne.
- "Je ne devrais pas être jugé sur la
manière dont je parle", a
répété à l'envi Levy
Mwanawasa. Sa femme Maureen est la première
à défendre son époux, rappelant avec
malice qu'en tant qu'avocat, il a défendu nombre
des opposants qui aujourd'hui l'attaquent sur ses
troubles cérébraux supposés.
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