N° 242
du 02/01/2002

Zambie


Levy Mwanawasa
le candidat surprise du parti au pouvoir

A la surprise générale, Levy Mwanawasa, ancien vice-président du président Frederick Chiluba retiré de la scène politique depuis plusieurs années, désigné candidat du parti au pouvoir, le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD), à la présidentielle du 27 décembre, était donné en tête selon les milieux proches du pouvoir, à la grande surprise générale.
Agé de 53 ans, Levy Mwanawasa est l'un des plus grands avocats de Zambie. Après avoir servi un temps sous le régime de l'ancien président Kenneth Kaunda, il est devenu le premier vice-président de Frederick Chiluba lors de sa victoire en 1991 à l'occasion des premières élections pluralistes de Zambie.
Il a démissionné de ce poste en 1994, pour protester contre ce qu'il percevait comme du laxisme de la part du pouvoir à l'égard de la corruption et du trafic de drogue.
Un an après, il décidait d'abandonner la vie politique et la surprise fut de taille en Zambie lorsqu'en août, le président Chiluba, après avoir annoncé qu'ils renonçait finalement à un troisième mandat, le présentait comme le candidat du parti au pouvoir à la présidentielle.
Pour ses opposants, Levy Mwanawasa n'est que la "marionnette" de Frederick Chiluba. "Voter pour Mwanawasa, c'est voter pour le troisième mandat de Chiluba", soulignait l'un des slogans de l'opposition.
Pourtant, même ses adversaires reconnaissent qu'il a une certaine crédibilité, du fait de son honnêteté, qualité rare dans l'entourage du président Chiluba dont les dix ans de pouvoir ont été marqués par de nombreuses affaires de corruption.
Il se présente d'ailleurs lui-même comme un homme ayant quitté la vice-présidence pour des questions de principe et capable de "nettoyer" le MMD de ses éléments les moins présentables en cas de victoire.
"Peu nombreux sont ceux qui peuvent démissionner de leur poste de vice-président pour protester contre la corruption. Je l'ai fait par amour de mon pays", a-t-il souvent répété pendant la campagne.
Mais, depuis qu'il a été très grièvement blessé dans un accident de voiture au début des années 90 alors qu'il était encore vice-président, nombreux sont ceux qui considèrent que ses capacités intellectuelles ont considérablement diminué et qu'il n'est plus apte à assumer les plus hautes fonctions de l'Etat.
"C'est un homme intelligent, mais, depuis cet accident, il n'est plus capable de prendre des décisions indépendantes", a estimé l'ancien président Kenneth Kaunda, en conseillant aux électeurs de ne pas voter pour lui.
Cet accident a été utilisé à fond par l'opposition qui parle de dommages au cerveau, de trous de mémoires et note qu'en raison de problèmes d'élocution, M. Mwanawasa a refusé de participer à des débats publics pendant la campagne.
"Je ne devrais pas être jugé sur la manière dont je parle", a répété à l'envi Levy Mwanawasa. Sa femme Maureen est la première à défendre son époux, rappelant avec malice qu'en tant qu'avocat, il a défendu nombre des opposants qui aujourd'hui l'attaquent sur ses troubles cérébraux supposés.


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