N° 253
du 30/07/2002

Zambie


Corruption
La chasse est ouverte

Dans un discours au Parlement réuni en session extraordinaire, le président Mwanawasa a lancé de graves accusations de corruption contre Frederick Chiluba, les plus virulentes à ce jour, se montrant favorable à une levée de son immunité par le Parlement afin qu’il soit jugé.
Mais, soufflant le chaud et le froid sur l’ancien régime, Levy Mwanawasa s’est par la suite déclaré prêt à accorder son pardon à Frédérick Chiluba si l’ancien chef d’Etat rend l’argent qu’il est accusé d’avoir détourné à son profit. “Je suis prêt à lui accorder un pardon présidentiel s’il rapporte l’argent à la Nation”, a déclaré M. Mwanawasa, dans une interview accordée à la télévision nationale.
“En tant qu’ancien chef d’Etat, Chiluba, s’il est condamné, mériterait un traitement carcéral spécial que le pays ne pourra lui offrir”, a ajouté M. Mwanawasa. Frederick Chiluba est accusé de corruption et de vol des deniers de l’Etat, à hauteur de plusieurs millions de dollars, lors de ses années au pouvoir (1991-2001).

Arrestation de l’ambassadeur de Zambie à Washington

L’ambassadeur de Zambie à Washington, Atan Shansonga, a été arrêté début juillet à Lusaka par des enquêteurs de la Commission anti-corruption (ACC). Il a été arrêté quelques heures après le discours prononcé jeudi devant le Parlement par le président Levy Mwanawasa qui l’a accusé d’être impliqué dans des affaires de corruption ayant marqué les dix années de pouvoir de l’ex-président Frederick Chiluba, entre 1991 et 2001.
Placé en garde-à-vue, Atan Shasonga doit être présenté devant un tribunal de Lusaka dans la journée de vendredi, a précisé le porte-parole de l’ACC, Bradford Malumbe.
M. Mwanawasa a cité dans son discours les activités douteuses d’une entreprise d’Etat zambienne qui effectuait régulièrement d’importants virements sur un compte bancaire en Grande-Bretagne dont le titulaire était l’ambassadeur de Zambie à Washington. Au total plus d’un million de dollars ont été virés sur ce compte suspect.

L’ex-chef des renseignements inculpé pour détournement de fonds publics

L’ancien chef des services de renseignements a été inculpé de détournement de fonds publics pour un montant de six millions de dollars. Xavier Chungu, qui a dirigé les services de renseignements pendant les dix années de pouvoir de Frederick Chiluba (1991-2001), a été formellement inculpé par un tribunal de Lusaka, conjointement avec un homme d’affaires zambien, Faustin Kabwe. Tous deux avaient auparavant été arrêtés par des enquêteurs de la Commission anti-corruption.

Demande de jugement de l’ex-président de la Cour suprême

Une coalition d’églises et d’organisations de la société civile zambienne, a demandé le jugement de Mathews Ngulube, ancien président de la Cour suprême de Zambie, qui a quitté ses fonctions après avoir été accusé de corruption.
“Il devrait être jugé”, a déclaré à la presse le révérend Japhet Njovu, porte-parole de cette coalition, Oasis Forum. “Un procès rapide, quel que soit son résultat, servirait de leçon à ces officiers de justice encore en service, qui pourraient être tentés d’imiter” M. Ngulube, a-t-il ajouté.
Le président de la Cour suprême a pris un congé à durée indéterminée en attendant sa retraite, après avoir été accusé d’avoir touché 160.000 dollars de pots-de-vin de l’ancien président Chiluba.
Oasis Forum, coalition formée l’an dernier pour s’opposer à la tentative du président Chiluba de briguer un troisième mandat, a également demandé au nouveau chef de l’Etat, Levy Mwanawasa, de limoger M. Ngulube pour qu’il ne puisse pas toucher ses indemnités de départ en retraite.


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