N° 285
du 06/01/2004

Zambie


Deux ans de pouvoir pour Levy Mwanawasa mais les difficultés demeurent

Deux ans après l’arrivée au pouvoir du président Levy Mwanawasa, la Zambie reste confrontée à des difficultés économiques majeures qui ont conduit les institutions financières internationales à la suspendre de l’initiative de réduction de la dette des pays pauvres.
«L’année à venir ne sera pas facile», a averti le 31 décembre le président Mwanawasa dans son message du Nouvel an à la nation. «Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas être réintégrés dans les programmes du Fonds monétaire international (FMI) d’ici juin 2004», a-t-il ajouté.
Lorsqu’il a succédé en janvier 2002 au président Chiluba à la suite d’une élection présidentielle dont les résultats ont été contestés par l’opposition, Levy Mwanawasa avait promis de réduire l’inflation de 26,7% à moins de 10%: deux ans après, elle est encore de 17,2%.
Depuis qu’il est au pouvoir, le président a été confronté à des grèves à répétition et à la désapprobation de sa politique budgétaire par les donateurs internationaux, qui financent presque la moitié du budget du pays.
Un budget qui, en 2003, a été en dépassement de 610 milliards de kwachas (environ 129 millions de dollars), sans que le gouvernement ne soit en mesure d’honorer ses promesses de hausses de salaires à 120.000 fonctionnaires.
Le FMI et la BM ont suspendu la Zambie de leur programme de réduction de la dette pour les Pays pauvres très endettés (PPTE) qui aurait pu lui permettre de bénéficier d’une remise de dette de 3,8 milliards de dollars sur les quelque sept milliards qu’elle doit à la communauté internationale.
Le président Mwanawasa a reconnu certains des revers subis par son administration et admis que son pays avait eu à subir de nombreuses «turbulences», en particulier en 2003, ce qui ne l’empêcherait pas de continuer à œuvrer pour son développement.
En août, le chef de l’Etat a survécu à une procédure de destitution lancée par des députés d’opposition qui l’accusaient «d’indiscipline caractérisée et de violation de la constitution».
Sa politique très populaire de lutte contre la corruption généralisée, apparue sous le régime de son prédécesseur Frederick Chiluba, au pouvoir de 1991 à 2001 et actuellement jugé pour détournement de millions de dollars de fonds publics, est aujourd’hui fortement critiquée.
Car Levy Mwanawasa a nommé à des postes importants des personnalités influentes du régime Chiluba alors qu’elles sont encore sous le coup d’enquêtes pour corruption.
Selon Michael Sata, leader du parti d’opposition le Front patriotique, «la lutte contre la corruption a échoué car elle a été sélective et a ciblé des individus».
M. Mwanawasa a également nommé des membres de l’opposition dans ce qui apparaît comme une tentative de diviser ses opposants.
La Cour suprême doit encore se prononcer sur le recours en annulation de la présidentielle de décembre 2001 déposé par quatre des candidats opposés à Levy Mwanawasa, accusé d’avoir gagné grâce à la fraude.


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