| Deux ans après l’arrivée
au pouvoir du président Levy Mwanawasa, la Zambie
reste confrontée à des difficultés économiques
majeures qui ont conduit les institutions financières internationales
à la suspendre de l’initiative de réduction de la
dette des pays pauvres.
«L’année à venir ne sera pas facile»,
a averti le 31 décembre le président Mwanawasa dans son
message du Nouvel an à la nation. «Nous ne pouvons pas nous
permettre de ne pas être réintégrés dans les
programmes du Fonds monétaire international (FMI) d’ici juin
2004», a-t-il ajouté.
Lorsqu’il a succédé en janvier 2002 au président
Chiluba à la suite d’une élection présidentielle
dont les résultats ont été contestés par l’opposition,
Levy Mwanawasa avait promis de réduire l’inflation de 26,7%
à moins de 10%: deux ans après, elle est encore de 17,2%.
Depuis qu’il est au pouvoir, le président a été
confronté à des grèves à répétition
et à la désapprobation de sa politique budgétaire
par les donateurs internationaux, qui financent presque la moitié
du budget du pays.
Un budget qui, en 2003, a été en dépassement de 610
milliards de kwachas (environ 129 millions de dollars), sans que le gouvernement
ne soit en mesure d’honorer ses promesses de hausses de salaires
à 120.000 fonctionnaires.
Le FMI et la BM ont suspendu la Zambie de leur programme de réduction
de la dette pour les Pays pauvres très endettés (PPTE) qui
aurait pu lui permettre de bénéficier d’une remise
de dette de 3,8 milliards de dollars sur les quelque sept milliards qu’elle
doit à la communauté internationale.
Le président Mwanawasa a reconnu certains des revers subis par
son administration et admis que son pays avait eu à subir de nombreuses
«turbulences», en particulier en 2003, ce qui ne l’empêcherait
pas de continuer à œuvrer pour son développement.
En août, le chef de l’Etat a survécu à une procédure
de destitution lancée par des députés d’opposition
qui l’accusaient «d’indiscipline caractérisée
et de violation de la constitution».
Sa politique très populaire de lutte contre la corruption généralisée,
apparue sous le régime de son prédécesseur Frederick
Chiluba, au pouvoir de 1991 à 2001 et actuellement jugé
pour détournement de millions de dollars de fonds publics, est
aujourd’hui fortement critiquée.
Car Levy Mwanawasa a nommé à des postes importants des personnalités
influentes du régime Chiluba alors qu’elles sont encore sous
le coup d’enquêtes pour corruption.
Selon Michael Sata, leader du parti d’opposition le Front patriotique,
«la lutte contre la corruption a échoué car elle a
été sélective et a ciblé des individus».
M. Mwanawasa a également nommé des membres de l’opposition
dans ce qui apparaît comme une tentative de diviser ses opposants.
La Cour suprême doit encore se prononcer sur le recours en annulation
de la présidentielle de décembre 2001 déposé
par quatre des candidats opposés à Levy Mwanawasa, accusé
d’avoir gagné grâce à la fraude. |