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Chenjerai Hitler Hunzvi, le chef des anciens combattants est mort
Le chef des anciens combattants du Zimbabwe, Chenjerai Hitler Hunzvi, qui s'était fait connaître l'an dernier lors des occupations - souvent violentes - de centaines de fermes appartenant à des Blancs, est mort lundi 4 juin dans un hôpital de Harare à l'âge de 51 ans.
L'agence officielle ZIANA a annoncé qu'il était atteint de paludisme cérébral, une forme très grave de la maladie.

Hunzvi, originaire de Bulawayo (sud-ouest), était à la tête d'une milice de "vétérans" intervenant sans cesse pour soutenir l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF, au pouvoir), notamment dans les campagnes électorales, était considéré par certains commentateurs comme un possible successeur du président Robert Mugabe.
Des commentateurs ont parfois qualifié Hunzvi de "troisième force", face à la ZANU-PF et au Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), le parti qui avait réussi à obtenir prés de la moitié des sièges à pourvoir lors des législatives de juin 2000 marquées par une véritable campagne de terreur contre l'opposition qui avait fait 34 morts, pour la plupart des opposants.
Sûr de sa force et de la puissance des "vétérans" de la "chimurenga" (guerre d'indépendance) capables d'intervenir dans tout le pays, Hunzvi, qui était devenu député de la ZANU-PF en 2000, n'hésitait pas à contredire les ministres ou les deux vice-présidents. En revanche, il jurait fidélité au président Mugabe, l'ancien chef de guérilla devenu chef de l'Etat.
Flamboyant et vêtu de cuir ou de chemises aux couleurs vives, Hunzvi était vite devenu un personnage incontournable de la vie politique zimbabwéenne. Recherchant parfois l'attention des médias, il avait été surpris par les caméras de la télévision qui l'avaient montré récemment au parlement en train de menacer du poing un élu d'opposition qui avait eu le malheur de critiquer le parti au pouvoir.
Participant à des négociations avec les fermiers blancs, Hunzvi était capable de glacer ses interlocuteurs avec un visage à la fixité inquiétante. La presse privée l'a accusé d'avoir participé à des campagnes électorales avec des hommes armés et de violences physiques contre ses adversaires.
Hunzvi avait fait trembler le pouvoir en 1997 en tant que président de l'Association des anciens combattants de la guerre d'indépendance du Zimbabwe (ZNLWVA) et en lançant de violentes manifestations de vétérans pour réclamer des dédommagements pour les anciens combattants (2.500 USD pour chacun des 50.000 vétérans et 100 USD de retraites par mois). Le pouvoir avait céder en acceptant d'accorder de fortes sommes et une retraite mensuelle aux vétérans. Des économistes estiment que cette décision est l'une des causes de la plus grave crise économique du pays.
Grand, le cheveu gris, Hunzvi ne se laissait jamais désarçonner par les critiques, dénonçant à loisir un "complot de Blancs".
Ses états de services pendant la guerre d'indépendance (1972-79) avaient été contestés. Son ex-épouse polonaise avait affirmé que ce médecin formé à Varsovie n'avait jamais tiré un coup de fusil. Hunzvi avait eu aussi maille à partir avec la justice qui l'avait poursuivi pour détournement de fonds et à propos des blessures qu'il affirmait avoir subies pendant la guerre contre la minorité blanche de Rhodésie.
L'idéologie du chef des vétérans était floue. Aimant à se comparer à Napoléon et Che Guevara, il ne reniait pas le nom d'Hitler. A certains, il répétait que ce nom lui avait été donné par ses parents. A d'autres, que c'était un nom de guerre. "Peu importe, c'est le nom d'un grand dirigeant", avait-il coutume de dire à propos du dictateur nazi.
Afrique-express N° 230 du 13/06/2001

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