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L'expulsion de deux
journalistes étrangers (Joseph Winter,
correspondant de la BBC, et Mercedes Sayagues,
correspondante du journal sud-africain Mail and Guardian)
après une longue série de critiques et de
décisions contre la presse, l'opposition et les
magistrats, témoigne du durcissement du régime
avant l'élection présidentielle de 2002.
Le quotidien indépendant The Daily News, devenu la
bête noire du régime, dont l'imprimerie a
été la cible en janvier d'un attentat à
la bombe, a estimé que le gouvernement veut "faire
trembler" les gens avant la présidentielle de 2002.
Les autorités préparent de nouvelles
règles pour l'accréditation des journalistes
étrangers qui pourraient lui donner l'occasion de se
débarrasser de certains correspondants.
"Expulser des journalistes ne peut pas empêcher le
monde de voir ce qui se passe au Zimbabwe", a
réagi le secrétaire d'Etat au Foreign Office
Brian Wilson.
Le pouvoir affirme que les médias indépendants
soutiennent le Mouvement pour le changement
démocratique (MDC), premier parti d'opposition
à avoir réussi une percée depuis
l'indépendance en 1980 lors des législatives
en juin 2000.
Le régime craint que le MDC transforme son essai lors
de la présidentielle de 2002,. Les autorités
lancent des attaques tous azimuts contre tous ceux qui sont
susceptibles de lui faire perdre ce scrutin.
"Un soulèvement populaire ne peut être
écarté parce qu'il y a un moment où le
peuple en a assez", a déclaré Morgan
Tsvangirai, chef du MDC, dans une interview
publiée dans l'hebdomadaire indépendant The
Standard.
M. Tsvangirai a comparu le 15 février devant un
tribunal où il a été inculpé
d'incitation à la violence. Le dirigeant du MDC, qui
a démenti avoir tenu de tels propos, doit être
jugé à partir du 30 avril. Plusieurs autres
dirigeants ont été accusés d'incitation
à la violence.
Les plus hauts magistrats du pays ont été
menacés de violences par les anciens combattants,
soutenus par le régime.
Le gouvernement a aussi lancé une offensive sans
précédent contre les magistrats pour les faire
démissionner ou partir à la retraite, en
raison de décisions jugées partiales,
notamment sur l'occupation des fermes appartenant à
des Blancs ou sur les législatives.
Le président de la Cour suprême Anthony
Gubbay a accepté, sous la pression, de prendre sa
retraite un an avant la date normale, mais d'autres
magistrats semblent résister.
Dernière répression en date, le 22
février, huit membres du MDC ont été
arrêtés par la police à Victoria Falls
(nord-ouest du Zimbabwe) pour incitation à la
violence. Les huit personnes ont comparu devant un tribunal
qui les a libérés sans avoir à verser
de caution. Ils sont accusés d'incitation à la
violence parce qu'ils ont brandi des cartons rougeslors d'un
rassemblement public le 4 février. Le MDC distribue
à ses partisans des cartons rouges, semblables
à ceux utilisés par les arbitres pour exclure
une joueur dans les matches de football, pour demander le
départ du président Robert Mugabe et de son
régime.
Le Commonwealth envoie une mission d'enquête
Conséquecne de ce climat, le Commonwealth a
décidé d'envoyer une mission d'enquête
au Zimbabwe où la situation "se
détériore", a annoncé le ministre
britannique des Affaires étrangères Robin
Cook. Cette commission d'enquête rendra compte de ses
résultats devant le groupe ministériel
d'action du Commonwealth qui se réunira les 19 et 20
mars à Londres.
De son côté, le rapporteur spécial de
l'ONU sur l'indépendance des juges et des avocats,
M. Dato'Param Cumaraswamy, a de nouveau
dénoncé les menaces à l'encontre des
juges zimbabwéens et de leurs familles, exprimant sa
préoccupation aux autorités. Le rapporteur
spécial se réfère aux informations
selon lesquelles des escadrons de vétérans de
la guerre de libération ont menacé de s'en
prendre aux juges qui refusent de démissionner.
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