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A huit mois de
l'élection présidentielle, le pouvoir
zimbabwéen a obtenu une importante victoire dans une
législative partielle, ce qui ne manquera pas de
l'encourager à accélérer sa politique
controversée de redistribution des terres à
des familles noires. Les résultats de cette partielle
organisée à Bindura (nord) sont tombés,
sont sans appel: Elliot Manyika, candidat de l'Union
nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF -
au pouvoir) l'a emporté par 15.864 voix contre 9.456
voix à son adversaire du Mouvement pour le changement
démocratique (MDC, opposition), Elliot Pfeve.
M. Manyika, gouverneur de la province du Mashonaland, a
très nettement amélioré le score de la
ZANU-PF obtenu lors des législatives de juin 2000.
Son candidat d'alors, Border Gezi, ministre de la
Jeunesse, de l'Emploi et de l'Egalité des chances -
décédé en avril - n'avait obtenu que
13.329 voix contre 11.257 à Elliot Pfeve, qui
représentait déjà le MDC.
Avec un taux de participation de plus de 60%, la
victoire de la ZANU-PF est donc incontestable et n'a
d'ailleurs pas été remise en cause par le MDC.
A noter tout de même que cette élection a
eu lieu dans l'un des bastions du parti au pouvoir. La
question de la redistribution des terres appartenant
à des Blancs descendant des colons britanniques de
l'ex-Rhodésie, selon un programme
"accéléré" mis en place à
l'été 2000 par le gouvernement, a
été au coeur de la campagne de la ZANU-PF
à Bindura.
Après cette victoire à l'approche de
l'élection présidentielle prévue en
avril 2002 - qui devrait opposer le président
Robert Mugabe au chef du MDC Morgan Tsvangirai -
le gouvernement devrait en toute logique ne pas céder
d'un pouce quant à sa volonté de redistribuer
les terres.
Selon des statistiques officielles, quatre millions
d'hectares de terres ont été offertes à
plus de 100.000 familles noires depuis un an, l'objectif
étant de redistribuer très rapidement et sans
compensation la quasi-totalité des 5.500 fermes
appartenant aux Blancs. C'est la troisième fois en
moins d'un an que le parti au pouvoir gagne des
élections législatives partielles, toutes
marquées par des campagnes violentes.
La prochaine se déroulera les 22 et 23 septembre
dans le district de Chikomba (sud) pour remplacer le chef
des anciens combattants de la guerre de libération
nationale du Zimbabwe, Chenjerai "Hitler" Hunzvi,
mort début juin, officiellement de malaria.
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