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Malgré trois accords
distincts visant à résoudre la question des
terres la violence persiste au Zimbabwe où trois
personnes ont été tuées en moins de
huit jours.
Deux personnes ont été tuées le 15
septembre lors d'affrontements dans une ferme appartenant
à des Blancs dans l'est et le propriétaire de
la ferme, John Bibby, a été
inculpé d'incitation à la violence et de
complicité de meurtre. Les deux personnes
tuées se trouveraient parmi les partisans du pouvoir,
qui ont été amenés par camions dans
différentes fermes aux alentours de Hwedza..
Le 11 septembre, le directeur d'une école primaire
avait été battu à mort à Chivhu
(centre), ville située dans le district de Chikomba
où devait se tenir les 22 et 23 septembre une
élection législative partielle.
Des responsables du principal parti d'opposition, le
Mouvement pour le changement démocratique (MDC),
dont le directeur de l'école primaire Felix
Mazava était un militant, sont convaincus que les
raisons de sa mort sont politiques. La police, de son
coté, a avancé deux hypothèses, crime
politique ou passionnel.
Ces morts montrent la persistance de la violence dans tout
le pays, malgré la signature ces dernières
semaines de trois accords distincts visant à
résoudre le problème des terres.
Trois accords
Le 5 septembre, le gouvernement a accepté une
offre des fermiers blancs de redistribuer près d'un
million d'hectares de terres à des Noirs
démunis. Cette proposition s'accompagnait de fonds
d'un montant voisin de 23 millions de dollars
américains destinés à financer les
infrastructures nécessaires aux nouveaux fermiers
auxquels ces terres seront redistribuées.
Lors d'un accord signé le lendemain à Abuja au
Nigeria avec la Grande-Bretagne, le Zimbabwe s'est
engagé à en finir avec les occupations
illégales, contre la promesse d'un important soutien
financier britannique pour dédommager les fermiers
blancs expropriés légalement.
Enfin, les 10 et 11 septembre, lors d'un sommet
régional à Harare, le président
zimbabwéen Robert Mugabe s'est engagé
à s'assurer que les violences et les intimidations
cesseraient dans les fermes de Blancs occupées.
Le mérite du sommet d'Harare, qui a rassemblé
autour du président Mugabe, Thabo Mbeki (Afrique du
sud), Joaquim Chissano (Mozambique), Sam Nujoma (Namibie),
Festus Mogae (Botswana) et Bakili Muluzi, est d'avoir
donné aux représentants des organisations
condamnant la politique du pouvoir, la possibilité de
venir y exprimer leurs point de vue.
Mais s'il a accepté l'accord d'Abuja il reste
à M. Mugabe à le signer.
Les fermiers attendent encore que des mesures soient prises
contre les occupants illégaux, qui continuent
d'entraver les activités dans les exploitations
agricoles.
En février 2.000, des anciens combattants de la
guerre d'indépendance avaient lancé une
campagne violente d'occupations des terres appartenant
à des Blancs avec l'appui du régime du
président Robert Mugabe, prétextant qu'ils
voulaient réparer les inégalités issues
de la colonisation.
Pour sa part, le MDC considère que l'occupation des
fermes vise à empêcher ses militants de faire
campagne pour l'élection présidentielle
prévue en 2002.
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