N° 235
du 17/09/2001

Zimbabwe


La violence persiste malgré les accords
sur la question des terres

Malgré trois accords distincts visant à résoudre la question des terres la violence persiste au Zimbabwe où trois personnes ont été tuées en moins de huit jours.
Deux personnes ont été tuées le 15 septembre lors d'affrontements dans une ferme appartenant à des Blancs dans l'est et le propriétaire de la ferme, John Bibby, a été inculpé d'incitation à la violence et de complicité de meurtre. Les deux personnes tuées se trouveraient parmi les partisans du pouvoir, qui ont été amenés par camions dans différentes fermes aux alentours de Hwedza..
Le 11 septembre, le directeur d'une école primaire avait été battu à mort à Chivhu (centre), ville située dans le district de Chikomba où devait se tenir les 22 et 23 septembre une élection législative partielle.
Des responsables du principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), dont le directeur de l'école primaire Felix Mazava était un militant, sont convaincus que les raisons de sa mort sont politiques. La police, de son coté, a avancé deux hypothèses, crime politique ou passionnel.
Ces morts montrent la persistance de la violence dans tout le pays, malgré la signature ces dernières semaines de trois accords distincts visant à résoudre le problème des terres.

Trois accords

Le 5 septembre, le gouvernement a accepté une offre des fermiers blancs de redistribuer près d'un million d'hectares de terres à des Noirs démunis. Cette proposition s'accompagnait de fonds d'un montant voisin de 23 millions de dollars américains destinés à financer les infrastructures nécessaires aux nouveaux fermiers auxquels ces terres seront redistribuées.
Lors d'un accord signé le lendemain à Abuja au Nigeria avec la Grande-Bretagne, le Zimbabwe s'est engagé à en finir avec les occupations illégales, contre la promesse d'un important soutien financier britannique pour dédommager les fermiers blancs expropriés légalement.
Enfin, les 10 et 11 septembre, lors d'un sommet régional à Harare, le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est engagé à s'assurer que les violences et les intimidations cesseraient dans les fermes de Blancs occupées.
Le mérite du sommet d'Harare, qui a rassemblé autour du président Mugabe, Thabo Mbeki (Afrique du sud), Joaquim Chissano (Mozambique), Sam Nujoma (Namibie), Festus Mogae (Botswana) et Bakili Muluzi, est d'avoir donné aux représentants des organisations condamnant la politique du pouvoir, la possibilité de venir y exprimer leurs point de vue.
Mais s'il a accepté l'accord d'Abuja il reste à M. Mugabe à le signer.
Les fermiers attendent encore que des mesures soient prises contre les occupants illégaux, qui continuent d'entraver les activités dans les exploitations agricoles.
En février 2.000, des anciens combattants de la guerre d'indépendance avaient lancé une campagne violente d'occupations des terres appartenant à des Blancs avec l'appui du régime du président Robert Mugabe, prétextant qu'ils voulaient réparer les inégalités issues de la colonisation.
Pour sa part, le MDC considère que l'occupation des fermes vise à empêcher ses militants de faire campagne pour l'élection présidentielle prévue en 2002.


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