- Le Zimbabwe s'enfonce
chaque jour un peu plus dans la crise, entraînant
un durcissement de la politique du président
Robert Mugabe qui veut rétablir "le
socialisme" à l'approche de l'élection
présidentielle de 2002.
- La publication le 17 octobre du dernier taux
d'inflation, qui en septembre a atteint le chiffre record
de 86,3%, est venue confirmer les pires craintes des
économistes indépendants, qui tablent sur
un taux dépassant les 100% à la fin de
l'année.
- Face à cette hausse vertigineuse des prix qui
affecte l'écrasante majorité des
Zimbabwéens, dont 70% vivent en dessous du seuil
de pauvreté et plus de 60% sont au chômage,
le gouvernement est intervenu en rétablissant le
contrôle sur les prix des produits de base:
maïs, pain, sucre, huile, savon et lessive.
- Cette mesure a provoqué un tollé dans
le monde des affaires qui a fait planer la menace de
fermetures d'entreprises.
- Si des entreprises ferment, qu'importe, "l'Etat les
reprendra, car de toute façon elles appartiennent
à la nation", a affirmé en réponse
le président Mugabe, ajoutant: "le socialisme
que nous voulions (bâtir) pourra ainsi
commencer à fonctionner".
- Et le président de dénoncer "le
sabotage" de l'économie organisée par la
grande Bretagne et d'inciter les étrangers qui ont
investi dans des entreprises zimbabwéennes
à plier bagage.
-
- Un trait est tiré sur les programmes
d'ajustement "made in" FMI
-
- Par ailleurs, le gouvernement zimbabwéen a
décidé de ne plus appliquer le programme
d'ajustement structurel négocié en 1991
avec le Fonds monétaire international (FMI) et
réfléchit à une politique de
substitution, a affirmé le 19 octobre le quotidien
The Herald, citant des sources gouvernementales. "Il n'y
a pas de raison pour que le Zimbabwe soit
emprisonné par des politiques économiques
qui n'ont pas marché dans d'autres pays", a
écrit le quotidien, proche du gouvernement.
- Le journal ajoutant: "la libéralisation
économique n'a pas permis au secteur privé
de tirer avantage des forces du marché et a
conduit à la création d'une clique qui a
profité de l'environnement
libéralisé et s'est enrichie au lieu de
faire des affaires honnêtes".
- En conséquence, le gouvernement a
demandé à un groupe d'experts comprenant
des économistes, des industriels, des
spécialistes de la finance et des banquiers, de
lui soumettre un plan de nouvelle politique
économique.
- Selon les sources gouvernementales citées par
le Herald, le noyau de cette nouvelle politique sera
toujours la réforme agraire
"accélérée" mise en place par le
gouvernement à l'été 2000, dont
l'objectif est de redistribuer à des familles
noires pauvres la quasi-totalité des terres
appartenant à la minorité blanche.
- C'est "autour (de cette réforme) que
l'économie devrait être rajeunie"
grâce à une production agricole
destinée à l'exportation vers "de nouveaux
marchés alternatifs en Malaisie, Thaïlande,
Chine, Libye, (île) Maurice etc." et "une
consolidation des marchés existants", écrit
le journal.
- Parallèlement, la nouvelle politique
économique sera marquée par des "grands
travaux", construction de logements et d'infrastructures
diverses, qui auront pour effet "la création
d'emplois".
-
- Le FMI a suspendu son aide au Zimbabwe en 1999 en
raison de la lenteur prise dans l'application du
programme d'ajustement structurel négocié 8
ans plus tôt et de la coûteuse intervention
militaire du Zimbabwe en République
démocratique du Congo (RDC).
- D'autres institutions internationales et bailleurs de
fonds ont suivi l'exemple du FMI, aggravant la crise
économique au Zimbabwe : taux d'inflation de plus
86%, taux de chômage dépassant les 60%,
pénuries alimentaires, manque de carburants et de
devises étrangères et dette
extérieure estimée à 4 milliards de
dollars.
- En mai 2001, le Zimbabwe a cessé de rembourser
les prêts accordés par le FMI et, fin
août, ses arriérés atteignaient 53
millions de dollars.
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- Perplexité syndicale
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- Toutes ces déclarations ont plongé dans
la perplexité, la Confédération
des syndicats du Zimbabwe (ZCTU), principal
mouvement syndical du pays.
- "N'importe quel travailleur dans le monde serait
heureux d'entendre qu'on se dirige vers le socialisme", a
déclaré à la presse Lovemore
Matombo, président de la ZCTU, proche de
l'opposition. "Mais si l'Union soviétique et les
autres se sont écartés du socialisme et que
nous voulons y retourner, nous allons avoir quelques
problèmes", a-t-il ironisé.
- Commentant la décision du gouvernement de
réintroduire le contrôle des prix des
produits de base pour contrer l'inflation galopante, M.
Matombo a estimé qu'il s'agissait "d'une solution
à court terme seulement", préconisant un
mécanisme de subvention de ces produits.
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