- Des incidents ont eu
lieu le 17 novembre à Harare entre opposants et
partisans du pouvoir à l'occasion de
l'arrivée dans la capitale de la dépouille
du leader assassiné des anciens combattants de
Bulawayo (sud-ouest).
- Les affrontements à coups de pierres se sont
produits dans le centre-ville et la police a
utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser
les militants de l'Union nationale africaine du
Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF, au
pouvoir) et du Mouvement pour le changement
démocratique (MDC, opposition).
-
- Ces incidents ont éclaté peu
après l'arrivée à Harare du cercueil
de Cain Nkala, responsable des anciens
combattants de la guerre d'indépendance pour la
région de Bulawayo. M. Nkala avait
été enlevé le 5 novembre et son
corps a été retrouvé huit jours plus
tard près de Bulawayo. Il a été
étranglé avec un des lacets de ses
chaussures, selon la police. Cain Nkala a
été élevé au rang de
"héros national", distinction
réservée aux plus hautes
personnalités zimbabwéennes ayant combattu
pour la libération de leur pays.
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- Le gouvernement a accusé le MDC d'être
responsable de sa mort, qui a provoqué aussi de
violents incidents à Bulawayo et Kadoma (nord).
- Le ministre zimbabwéen de
l'Intérieur, John Nkomo, avait
demandé à ses concitoyens de se tenir en
état "d'alerte maximum" contre "les ennemis de
l'intérieur et de l'extérieur qui feront
tout pour déstabiliser" le pays.
Mugabe dénonce un complot de Londres
Prenant la balle au bond, le président
Robert Mugabe a accusé à Harare
l'ancienne puissance coloniale britannique d'avoir
participé à un "complot terroriste" ayant
conduit au meurtre de Cain Nkala.
- Devant une foule de près de 10.000 personnes
rassemblée au "cimetière des
héros" à Harare où M. Nkala a
été enterré aux côtés
des personnalités tuées pendant la guerre
d'indépendance, le président Mugabe a
estimé que son enlèvement et son meurtre
allaient "bien au-delà d'un simple cas criminel".
- C'est "le résultat sanglant d'un complot
terroriste soigneusement orchestré par des forces
ennemies internes et externes", a-t-il
déclaré, ajoutant que ce complot a
été financé par "certains fermiers
commerciaux", les fermiers blancs du Zimbabwe, "des
organisations de la région", mais aussi par "la
Fondation Westminster" de Londres, qui reçoit
"de l'argent sale" des "partis travailliste, conservateur
et libéral" de Grande-Bretagne et "du gouvernement
de Tony Blair".
- La Fondation Westminster, organisation britannique de
défense des droits de l'Homme, est
régulièrement montrée du doigt par
le pouvoir zimbabwéen qui l'accuse de soutenir le
MDC.
- Il a appelé le MDC "à s'écarter
de la violence et du terrorisme", sinon, a-t-il
menacé, "ses jours sont comptés".
- M. Mugabe a également demandé aux
militants de son parti, la ZANU-PF, de "ne pas se laisser
submerger par l'émotion", les exhortant à
"rester unis" et à ne pas "emprunter
eux-mêmes la voie du terrorisme en s'attaquant
sauvagement aux gens".
Des arrestations
Quinze militants du MDC, dont un député,
ont été arrêtés en relation
avec le meurtre. Parmi eux, Fletcher Dulini Ncube,
élu de la circonscription de Lobengula-Magwegwe,
près de Bulawayo. Ce parti a nié toute
implication dans la mort de M. Nkala. Son
président, Morgan Tsvangirai, a
accusé le pouvoir d'exploiter ce crime pour
"exécuter" toute opposition avant la
présidentielle de 2002.
- De son côté, l'hebdomadaire privé
The Standard, a accusé, en citant des proches de
Cain Nkala non identifiés, les anciens combattants
de l'avoir tué en raison de dissensions internes.
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