N° 240
du 30/11/2001

Zimbabwe


Meurtre d'un ancien combattant
Deux suspects disent avoir été torturés

Deux opposants zimbabwéens ont déclaré devant un tribunal de Bulawayo (sud-ouest) qu'ils avaient avoué sous la torture le meurtre de Cain Nkala, dirigeant des anciens combattants de la guerre d'indépendance dans cette ville. L'un de ces suspects, Remember Moyo, membre du parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a raconté qu'il avait été arrêté le 12 novembre à Gweru (centre) et avait été violemment battu pendant trois jours par la police, selon le quotidien pro-gouvernemental The Herald.
Sous la menace de violences supplémentaires, il a précisé avoir signé une déposition dans laquelle il "confessait" avoir participé au meurtre de M. Nkala alors que, selon lui, il n'est aucunement impliqué dans ce crime, ajoute de son côté le Daily News, quotidien privé proche de l'opposition.
Selon les deux journaux, un autre opposant, Khetani Sibanda, a également affirmé devant le tribunal qu'il avait été arrêté en même temps que M. Moyo et avait subi le même traitement de la part de la police.
Cain Nkala avait été enlevé le 5 novembre à son domicile de Bulawayo par des hommes armés et son corps avait été retrouvé huit jours plus tard à une cinquantaine de kilomètres de là. Il est mort étranglé avec l'un des lacets de ses chaussures.
Le président Robert Mugabe avait aussitôt accusé les "terroristes" du MDC soutenus par la Grande-Bretagne, d'être à l'origine de ce meurtre. Quinze militants de ce parti, dont un député, ont été arrêtés à la suite de la mort de Cain Nkala.
Le président du MDC, Morgan Tsvangirai, a nié toute implication de son parti dans ce meurtre.


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