- Robert Mugabe,
désigné candidat du parti au pouvoir pour
la présidentielle de mars 2002, entend mener sa
campagne comme "une guerre", et a demandé à
ses partisans de se transformer en "soldats".
- Contrairement aux législatives de juin 2000,
l'élection présidentielle "est une guerre
totale", a lancé M. Mugabe à près de
8.000 militants enthousiastes, dans un discours
clôturant le congrès annuel de son parti,
l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front
patriotique (ZANU-PF), le 15/12/2001, à
Victoria Falls.
- "Là où nous allons, ce ne sont pas les
élections législatives de juin 2000, qui
étaient comme un match de football dont
j'étais le buteur central", a-t-il dit, ajoutant:
"vous devez tous vous transformer en soldats de la
ZANU-PF".
- L'ancien leader de la guerre de libération de
l'ex-Rodhésie britannique, a aussi annoncé
la création d'un "centre de commandement"
pendant la campagne électorale. "Quand le temps
viendra de tirer la balle, le bulletin de vote, la
trajectoire du fusil doit être la bonne", a-t-il
dit.
- En dépit de ce langage guerrier,
destiné à assurer une mobilisation maximale
des militants de la ZANU-PF, Robert Mugabe, au pouvoir
depuis l'indépendance en 1980 et âgé
de 77 ans, est apparu fatigué, restant
pratiquement immobile, lui qui a l'habitude d'appuyer ses
phrases les plus percutantes par d'amples mouvements des
bras où un poing levé. Huit jours plus
tôt, il s'était rendu à Barcelone en
Espagne, pour subir des examens médicaux.
-
- Un ton modéré vis à vis de
ses opposants et de quelques pays européens
-
- Le président s'est abstenu de toute attaque
directe contre Morgan Tsvangirai ou
contre "l'empire britannique",
généralement accusé de soutenir ce
parti et d'être à l'origine de tous les maux
du Zimbabwe.
- Dans son discours prononcé à
l'ouverture du congrès, le chef de l'Etat avait
également fait preuve d'une certaine
modération, évitant de qualifier ses
opposants de "terroristes", comme il le faisait
auparavant, et exprimant sa "reconnaissance" pour
"l'amitié" portée au Zimbabwe par trois
pays européens, l'Espagne, l'Italie et la France.
- Plusieurs journalistes zimbabwéens
considérés comme proches de l'opposition
n'ont pas pu obtenir d'accréditation pour couvrir
ce congrès. En arrivant, les correspondants de la
télévision britannique ITN, des
hebdomadaires privés The Financial Gazette et The
Independent ont dû rebrousser chemin, leur
tentative d'obtenir une accréditation ayant
échoué.
-
- La terre sera au centre de la campagne
électorale de la ZANU-PF
-
- La question de la terre au Zimbabwe sera au centre de
la campagne présidentielle du chef de l'Etat,
Robert Mugabe.
- A la veille de l'ouverture officielle du
congrès de la ZANU-PF, les membres du
comité central du parti au pouvoir se sont
réunis, sous la présidence de M. Mugabe,
à "Vic Falls" pour endosser les grandes lignes de
son programme, contenues dans un manifeste
intitulé: "Nos réussites et nos
défis, la terre pour le renforcement du pouvoir
économique".
- "Seule la ZANU-PF comprend que la terre est
l'économie et que l'économie est la terre,
et seule la ZANU-PF peut traduire cette
compréhension dans (l'action) politique, la
pratique et la réalité", affirme le
manifeste.
- Il ajoute "que le fait qu'une minorité
politique" (les Blancs) continue à détenir
les terres "est devenu une menace pour la paix, la
stabilité et la légalité" au
Zimbabwe. "Si cette menace n'est pas traitée de
manière révolutionnaire, les revers
temporaires actuels de notre économie
s'aggraveront, risquant d'être permanents", affirme
le manifeste.
- Ce programme confirme que la réforme agraire,
mise en place à l'été 2000 pour
redistribuer à des centaines de milliers de Noirs
sans terres celles appartenant à la
minorité blanche du pays (soit quelque 10 millions
d'hectares), sera l'instrument essentiel utilisé
par le pouvoir pour tenter de faire gagner son candidat
à la présidentielle de mars 2002.
- Selon le manifeste, entre le 15 juillet 2000 et le 12
novembre 2001, l'Etat a déjà acquis
près de 6 millions d'hectares de terres, sur
lesquelles ont été installées plus
de 200.000 familles.
- Cette réforme agraire a été
accompagnée par des occupations violentes de
fermes appartenant aux Blancs, menées par
d'anciens combattants de la guerre d'indépendance
et des partisans du pouvoir, ainsi que par d'innombrables
agressions contre les opposants. Selon le Forum pour les
droits de l'Homme du Zimbabwe, 32 ont été
tués entre janvier et octobre 2001.
-
- Début décembre, la Cour suprême
du Zimbabwe a jugé définitivement
légale la réforme agraire, confirmant ainsi
un premier arrêt provisoire rendu le 2 octobre. En
jugeant légale et conforme à la
Constitution la réforme agraire, la Cour annule de
facto deux précédents arrêts de cette
même Cour, rendus en novembre et décembre
2000, qui avaient jugé "illégale" et
"anticonstitutionnelle" cette réforme.
- La Cour a également estimé que la
légalité était respectée sur
les fermes occupées depuis 22 mois par des anciens
combattants.
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