N° 242
du 02/01/2002

Zimbabwe


Morgan Tsvangirai,
candidat à la présidentielle appelle
à des sanctions ciblées contre M. Mugabe

Morgan Tsvangirai, leader du principal parti d'opposition au Zimbabwe, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a approuvé, le 22 décembre à Gweru (centre) lors du premier congrès annuel de son parti, le principe de sanctions ciblées à l'encontre du président Robert Mugabe.
"Nous ne voulons pas de sanctions contre le pays. Nous voulons des sanctions contre les auteurs des violences, dont Mugabe est le meneur", a-t-il déclaré devan son parti.
La veille, le président américain George Bush avait promulgué la loi sur la démocratie au Zimbabwe, le "Zimbabwe Democracy and Economic Recovery Act", qui prévoit la possibilité d'imposer des sanctions contre les responsables de violences politiques au Zimbabwe, et vise explicitement le président Mugabe.
Le leader du MDC a par ailleurs critiqué la décision de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) le 11 décembre de soutenir la réforme agraire initiée par Mugabe. Il n'a pas contesté le bien fondé d'une réforme agraire pour redistribuer à des Noirs sans terres celles qui, 21 ans après l'indépendance du Zimbabwe de la Grande-Bretagne en 1980, appartiennent toujours à une minorité de quelque 4.000 fermiers blancs, mais "les méthodes d'application" de cette réforme.
 
Enfin, désigné candidat pour l'élection présidentielle de mars 2002, Morgan Tsvangirai s'est déclaré confiant dans sa victoire en dépit de la répression à l'encontre de son parti.
A l'adresse des partisans de M. Mugabe, qui a promis de mener sa campagne comme "une guerre", le président du MDC a lancé: "même si vous menacez de nous écraser, vous ne pourrez pas nous arrêter, nous gagnerons". "
Il a indiqué que la priorité d'un gouvernement MDC serait l'emploi, la santé et l'éducation, trois des secteurs les plus affectés par la crise économique sans précédent que traverse le Zimbabwe depuis deux ans.
Le taux de chômage y est de 65%, les hôpitaux manquent des médicaments essentiels et les campus universitaires sont agités par des manifestations d'étudiants protestant contre la politique du gouvernement qui a décidé de supprimer leurs bourses.
 
Après le congrès du parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), qui s'est tenu début décembre, et celui du MDC, la campagne pour la présidentielle est désormais officiellement lancée au Zimbabwe. Elle promet d'être rude, le président Mugabe semblant prêt à tous les moyens, pour se faire réélire.
Lors de la campagne des législatives de juin 2000, une trentaine d'opposants avaient été tués, le MDC avait eu 57 des 120 sièges au Parlement.


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