- L'élection
présidentielle qui opposera le président
Robert Mugabe à Morgan
Tsvangirai, son principal opposant, aura lieu les
9 et 10 mars, a annoncé le ministère de
l'Information dans un communiqué qui mérite
d'être retranscris : "Son excellence le
président Camarade Robert Gabriel Mugabe, en vertu
des pouvoirs qui lui sont conférés par la
Constitution, a fixé les dates de
l'élection présidentielle au 9 et 10 mars
2002".
- Les élections municipales à Harare,
ainsi que dans la banlieue populaire de Chitungwiza, se
tiendront aux mêmes dates.
-
- Quelques concessions à l'Union
européenne
- Alors que les critiques, réprimandes et autres
pressions fusent de toute part à l'encontre du
pouvoir dans la perspective de l'élection
présidentielle, le gouvernement zimbabwéen,
face à ce concert de critiques internationales,
s'est engagé à autoriser des observateurs
et des journalistes internationaux lors de cette
présidentielle, lâchant du lest face
à deux exigences de l'Union européenne.
- Dans un communiqué, la
délégation zimbabwéenne qui s'est
entretenue avec des représentants de l'UE à
Bruxelles a annoncé qu'elle ferait "un pas" face
aux demandes européennes sur la violence
politique, la présence d'observateurs, les
libertés civiles et la liberté de la presse
avant le scrutin des 9 et 10 mars. Cette concession
apparente, faite à l'issue de consultations sur la
situation des droits de l'homme, n'a toutefois pas adouci
le ton du président Robert Mugabe face à
Tony Blair. Il a accusé le Premier ministre
britannique de mentir sur la situation du pays et de
refuser de soutenir la réforme agraires.
- L'UE avait donné une semaine à Harare
pour accepter par écrit la présence de la
presse et d'observateurs internationaux lors de
l'élection.
- Dans son communiqué, le gouvernement
zimbabwéen a "promis d'ouvrir une enquête
complète sur les supposées violences
politiques et de mettre en place un code de conduite pour
les partis politiques avant la campagne". Le Zimbabwe
s'engage par ailleurs à "inviter et
accréditer des observateurs nationaux et
internationaux", à respecter
"l'indépendance du système judiciaire",
à effectuer "le transfert d'occupants vers des
terres acquises légalement" et à autoriser
"des journalistes nationaux et internationaux à
couvrir les événements nationaux, dont
l'élection".
-
- Difficile en fait de savoir qui a cédé
à l'autre. Selon le journal gouvernemental Sunday
Mail, c'est l'UE qui a cédé à la
délégation zimbabwéenne. Le journal
note en effet que les Quinze n'enverront que des
observateurs et non des moniteurs, seuls habilités
à intervenir face à d'éventuelles
irrégularités. Il souligne aussi que les
observateurs invités pourront venir de certains
pays de l'Union, mais ne seront pas envoyés par
l'UE en tant que telle.
-
- Le vote d'une loi électorale et d'une loi sur
la sécurité intérieure et le soutien
affiché par les forces armées au
régime du président Mugabe ont
déclenché un concert de critiques
internationales contre Harare.
- Le Parlement doit compléter ce nouvel arsenal
législatif en examinant une loi sur l'accès
à l'information, qui pourrait décider ou
non de l'interdiction pure et simple des journalistes
étrangers au Zimbabwe.
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