N° 243
du 18/01/2002

Zimbabwe


Election présidentielle les 9 et 10 mars

L'élection présidentielle qui opposera le président Robert Mugabe à Morgan Tsvangirai, son principal opposant, aura lieu les 9 et 10 mars, a annoncé le ministère de l'Information dans un communiqué qui mérite d'être retranscris : "Son excellence le président Camarade Robert Gabriel Mugabe, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution, a fixé les dates de l'élection présidentielle au 9 et 10 mars 2002".
Les élections municipales à Harare, ainsi que dans la banlieue populaire de Chitungwiza, se tiendront aux mêmes dates.
 
Quelques concessions à l'Union européenne
Alors que les critiques, réprimandes et autres pressions fusent de toute part à l'encontre du pouvoir dans la perspective de l'élection présidentielle, le gouvernement zimbabwéen, face à ce concert de critiques internationales, s'est engagé à autoriser des observateurs et des journalistes internationaux lors de cette présidentielle, lâchant du lest face à deux exigences de l'Union européenne.
Dans un communiqué, la délégation zimbabwéenne qui s'est entretenue avec des représentants de l'UE à Bruxelles a annoncé qu'elle ferait "un pas" face aux demandes européennes sur la violence politique, la présence d'observateurs, les libertés civiles et la liberté de la presse avant le scrutin des 9 et 10 mars. Cette concession apparente, faite à l'issue de consultations sur la situation des droits de l'homme, n'a toutefois pas adouci le ton du président Robert Mugabe face à Tony Blair. Il a accusé le Premier ministre britannique de mentir sur la situation du pays et de refuser de soutenir la réforme agraires.
L'UE avait donné une semaine à Harare pour accepter par écrit la présence de la presse et d'observateurs internationaux lors de l'élection.
Dans son communiqué, le gouvernement zimbabwéen a "promis d'ouvrir une enquête complète sur les supposées violences politiques et de mettre en place un code de conduite pour les partis politiques avant la campagne". Le Zimbabwe s'engage par ailleurs à "inviter et accréditer des observateurs nationaux et internationaux", à respecter "l'indépendance du système judiciaire", à effectuer "le transfert d'occupants vers des terres acquises légalement" et à autoriser "des journalistes nationaux et internationaux à couvrir les événements nationaux, dont l'élection".
 
Difficile en fait de savoir qui a cédé à l'autre. Selon le journal gouvernemental Sunday Mail, c'est l'UE qui a cédé à la délégation zimbabwéenne. Le journal note en effet que les Quinze n'enverront que des observateurs et non des moniteurs, seuls habilités à intervenir face à d'éventuelles irrégularités. Il souligne aussi que les observateurs invités pourront venir de certains pays de l'Union, mais ne seront pas envoyés par l'UE en tant que telle.
 
Le vote d'une loi électorale et d'une loi sur la sécurité intérieure et le soutien affiché par les forces armées au régime du président Mugabe ont déclenché un concert de critiques internationales contre Harare.
Le Parlement doit compléter ce nouvel arsenal législatif en examinant une loi sur l'accès à l'information, qui pourrait décider ou non de l'interdiction pure et simple des journalistes étrangers au Zimbabwe.


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