- La Communauté de
développement d'Afrique australe (SADC)
s'est félicitée des "assurances" du
président Robert Mugabe à organiser la
prochaine élection présidentielle de
façon "libre et équitable", indique la
déclaration finale du sommet de l'organisation qui
s'est tenu le 14 janvier à Blantyre. La SADC a
noté avec satisfaction l'engagement pris par M.
Mugabe "d'accréditer et enregistrer des agents
électoraux indépendants", à temps
pour la présidentielle, d'inviter "de nombreux
observateurs internationaux" et d'autoriser "des
journalistes nationaux et internationaux à
couvrir" cette élection "sur la base de ses lois
et règlements".
- La SADC s'est aussi félicitée des
"actions que va prendre le Zimbabwe" pour "le respect
total des droits de l'Homme, y compris le droit à
la liberté d'opinion, d'association et de
rassemblement pacifique pour tous" et de son engagement
à respecter "l'indépendance de la justice
et l'Etat de droit".
- La SADC prend pour argent comptant les engagements de
M. Mugabe, alors que la répression contre
l'opposition s'accentue. Après le discours
d'ouverture du sommet au cours duquel le président
en exercice de la SADC, le chef de l'Etat du Malawi
Bakili Muluzi, avait appelé à la tenue
d'une élection "pacifique, libre, équitable
et transparente" au Zimbabwe, on aurait pu croire que la
déclaration finale soit plus musclée
à l'égard du régime de Mugabe.
- La seule note critique concerne la récente
prise de position des forces de sécurité du
Zimbabwe (armée et police), dont les plus hauts
dirigeants ont apporté leur soutien total à
Mugabe, laissant ainsi entendre qu'ils n'accepteraient
pas une victoire de l'opposant Morgan Tsvangirai.
- La SADC a exprimé sa "sérieuse
préoccupation" concernant cette prise de position.
"Les déclarations politiques ne sont pas faites
par les militaires, mais par les dirigeants politiques",
note le texte.
-
- Une position bien trop timorée pour la
COSATU
-
- La grande confédération syndicale
d'Afrique du Sud, la COSATU, a dénoncé
dès le lendemain du sommet de Blantyre la
faiblesse des dirigeants d'Afrique australe à
l'égard du Zimbabwe, estimant que les
dernières promesses de Robert Mugabe
s'avéreront aussi vaines que les
précédentes. "Mugabe a donné de
telles assurances par le passé et les a
complètement ignorées", a indiqué la
COSATU dans un communiqué, en
référence à des engagements du
président zimbabwéen à Abuja en
juin, ou lors d'autres réunions de la SADC fin
2001.
- En fait les mesures prises depuis visent à
"rendre impossible à l'opposition de faire
campagne et garantir la réélection de
Mugabe (...) elles vont dans le sens contraire" des
promesses de Mugabe, a rappelé la COSATU.
- "Les dirigeants de la SADC auraient dû
délivrer un ultimatum à Mugabe, le
menaçant d'expulsion de l'organisation" s'il
n'instaurait pas "une commission électorale
indépendante, avec observateurs
indépendants", et ne retirait pas les
"législations draconiennes" qui sont à
l'examen, a estimé encore la COSATU.
"L'échec des dirigeants de la SADC à
prendre des mesures plus décisives pour un
réel changement de politique de Mugabe, est un
coup grave porté à l'idée de
Renaissance africaine, au Nouveau Partenariat pour un
développement de l'Afrique, et à l'Union
Africaine", qui s'appuient sur démocratie, droits
de l'Homme et bonne gouvernance, conclut le syndicat
sud-africain.
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