N° 245
du 28/02/2002

Zimbabwe


Morgan Tsvangirai, inculpé de trahison

Morgan Tsvangirai, le président du MDC, le secrétaire général de ce parti, Welshman Ncube, et le responsable à l'Agriculture de ce parti, Renson Gasela, ont été inculpés de trahison à Harare pour un présumé complot d'assassinat du président Robert Mugabe, à onze jours du début de l'élection. Tous trois ont été relâchés après interrogatoire.
Morgan Tsvangirai a été formellement inculpé de trahison pour un présumé complot d'assassinat contre le président Robert Mugabe. Cette inculpation est passible de la peine de mort au Zimbabwe. MM. Ncube et Gasela, eux, sont soupçonnés d'avoir participé à une réunion en Grande-Bretagne l'année dernière au cours de laquelle un complot présumé pour assassiner le président aurait été échafaudé.
Ces inculpations surviennent après la diffusion le 13 février, par la chaîne nationale australienne Special Broadcasting Service (SBS), d'une émission dans laquelle un ancien agent secret israélien, Ari Ben-Menashe, soutenait que M. Tsvangirai fomentait un attentat contre le président Mugabe.
L'ancien espion, aujourd'hui responsable de la société canadienne de consultants Dickens and Madsen, se base sur un entretien, qu'il aurait filmé en secret, avec le président du MDC en décembre 2001 à Montréal.
M. Tsvangirai dénonce cette affaire comme une machination montée par le gouvernement pour le "piéger" avant le scrutin présidentiel.
 
L'inculpation des trois membres du MDC intervient aussi dans un contexte marqué par de nouvelles agressions contre des observateurs internationaux présents au Zimbabwe dans le cadre de l'élection présidentielle.
Des observateurs d'Afrique du Sud, de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) et du Commonwealth ont été pris à partie lors d'incidents séparés dans le pays.
Le harcèlement de la police à l'encontre de M. Tsvangirai est monté aussi en intensité grâce à une nouvelle loi sur la sécurité qui permet d'interdire tout rassemblement non-autorisé par la police.
Morgan Tsvangirai a affirmé que 79 des meetings de son parti ont été "perturbés" ou "annulés" par la police depuis l'entrée en vigueur de cette loi, votée le 10 janvier.


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