- Le président sortant
Robert Mugabe a été réélu
à la tête de l'Etat zimbabwéen pour
six ans, face au chef de l'opposition Morgan
Tsvangirai avec 56,2% des voix contre 41,9% à
M. Tsvangirai, a annoncé le 10 mars le responsable
de l'organisation de l'élection, Tobaiwa
Mudede. Il a obtenu 1.685.212 de voix contre
1.258.401 à M. Tsvangirai.
- Robert Mugabe, au pouvoir depuis 22 ans, avait fait
campagne sur la poursuite de sa réforme agraire
controversée et avait fait passer une série
de lois répressives et de décrets de
dernière minute modifiant la loi
électorale. Morgan Tsvangirai, a rejeté le
résultat d'un scrutin également
contesté par les pays occidentaux qui affirment
qu'il a été frauduleux, mais
entériné par les Africains.
- Trois autres candidats marginaux totalisent 54.145
voix, soit 1,9% des voix.
- Morgan Tsvangirai, président du Mouvement
pour le changement démocratique (MDC) a
rejeté ce résultat en
dénonçant des fraudes massives, commises,
selon lui, au cours de l'élection, qui s'est tenue
du 9 au 11 mars. Les pays occidentaux ont
dénoncé les intimidations et les violences
qui avaient précédé ce scrutin,
ainsi que les irrégularités commises
pendant. L'OUA, l'Afrique du sud et les pays voisins du
Zimbabwe ont en revanche entériné la
victoire de M. Mugabe.
-
- Mugabe réélu président en
force
-
- "Le peuple du Zimbabwe sait que les résultats
de cette élection annoncée par
l'organisateur du scrutin ne reflète pas la
volonté de la population. Le MDC ne les accepte
donc pas". C'est en ces termes que le principal
adversaire du président Robert Mugabe, Morgan
Tsvangirai, président du MDC, a commenté
l'élection présidentielle qui s'est
déroulée du 9 au 11 mars.
- Le MDC accuse le pouvoir d'avoir freiné le
vote dans les zones urbaines favorables à
l'opposition en réduisant le nombre des bureaux de
vote qui ont en revanche été
multipliés dans les campagnes, soutenant
traditionnellement M. Mugabe.
- Ce scrutin a occasionné de nouvelles violences
qui ont fait 33 morts, dont une majorité
d'opposants, depuis le 1er janvier.
- Des observateurs zimbabwéens ont
dénoncé en vrac, bourrage d'urnes,
intimidations et agressions contre des agents
électoraux du MDC, augmentation inexpliquée
du nombre de votants et de la participation dans les
campagnes, et diminution du nombre des bureaux de vote
dans les grands villes, généralement
acquises au MDC.
- Peu avant l'annonce officielle des résultats,
une centaine de soldats armés ont encerclé
les locaux du MDC à Bulawayo (sud-ouest), la
deuxième ville du pays, dirigée par le
parti d'opposition.
- Dès l'annonce de la victoire de Mugabe, des
groupes de ses partisans ont sillonné triomphants,
dans leur camionnette, aux quatre coins de la capitale,
promenant un cercueil symbolisant "la mort" politique de
M. Tsvangirai.
- Aucune manifestation des opposants, abasourdis par la
défaite de leur leader, n'a été
constatée. Il leur était de toute
façon difficile de se rassembler, les forces de
défense et de sécurité ayant
été placées en état d'alerte
maximale.
- Grâce à une nouvelle loi sur la
sécurité, promulguée en janvier, une
bonne partie des meetings du MDC ont été
annulés et ce parti n'a pratiquement pas eu
accès à la radio-télévision
d'Etat, la ZBC.
- L'opposant a en outre été accusé
pendant la campagne de "trahison" pour un
présumé "complot" visant à
assassiner le chef de l'Etat. Le secrétaire
général du MDC, Welshman Ncube,
arrêté lundi 11 mars dans le sud-ouest du
pays près de la frontière avec le Botswana,
a été formellement inculpé de
"trahison" par un tribunal d'Harare. Il est accusé
d'avoir cherché a fuir le pays .
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- Soutiens africains, critiques occidentales
Les pays occidentaux, ancienne puissance coloniale
britannique et Etats-Unis en tête, ont
estimé que cette élection n'avait
été ni libre, ni juste et que la victoire
de M. Mugabe avait été obtenue après
une campagne électorale marquée par la
violence et les intimidations.
- M. Mugabe "n'a pas de légitimité
démocratique", selon Washington qui a
évoqué un élargissement des
sanctions internationales.
- La Nouvelle-Zélande a indiqué qu'elle
allait très probablement prendre des sanctions
contre le Zimbabwe après ces élections
qualifiées "d'inéquitables" par Wellington.
- La France a considéré que
l'élection ne peut être
considérée comme "libre et juste".
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- Les observateurs de l'OUA estiment en revanche que
l'élection a été "transparente,
crédible et juste". Les observateurs d'Afrique du
sud ont quant à eux estimé que
l'élection était "légitime", et le
président Thabo Mbeki a assuré que son pays
aiderait le Zimbabwe, quel que soit son président.
- La délégation des Etats de la
Communauté de développement d'Afrique
australe (SADC) a estimé que le
résultat "reflète vraiment la
volonté du peuple du Zimbabwe". Des parlementaires
de la SADC ont cependant affirmé que
l'élection ne correspondait pas "aux
règles" de cette organisation.
- La Tanzanie et le Kenya ont reconnu
l'élection, la Namibie a félicité
Robert Mugabe pour sa réélection, affirmant
que les Zimbabwéens avaient "parlé d'une
voix sans équivoque", selon un communiqué
du gouvernement.
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