N° 246
du 14/03/2002

Zimbabwe


Un an de relations difficiles entre Harare
et la communauté internationale

La communauté internationale, mobilisée depuis le début du conflit de l'occupation des fermes en février 2000 contre le régime du président Robert Mugabe, a renforcé sa pression depuis plus d'un an.
 
-2001-
- 25 jan: La Suède décide de réduire son aide au développement en raison notamment de la "grave détérioration des droits de l'Homme".
- 1er mars: Londres annonce qu'il va retirer ses instructeurs militaires, présents depuis 1979.
- 15 mars: Le Parlement européen condamne "la poursuite de la campagne de meurtre, de violence et de menace".
- 22 mai: Pretoria condamne les violences politiques.
- 16 août: Le Danemark gèle son programme d'assistance.
- 23 nov: Les relations de l'Union européenne (UE) avec le Zimbabwe ont atteint "un point critique", déclare une délégation européenne.
- 27 nov: Le président sud-africain Thabo Mbeki évoque "un danger de conflit civil".
- 21 déc: Le président américain George W. Bush promulgue la loi sur la démocratie au Zimbabwe, qui prévoit la consultation d'autres pays sur la façon d'imposer des restrictions de visas et autres sanctions contre les responsables de violences politiques.
 
-Janvier 2002-
- 10: Le Parlement vote deux lois controversées, l'une sur la sécurité publique visant à museler l'opposition, et l'autre modifiant la loi électorale en vue de restreindre le droit de vote lors de la présidentielle.
Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu estime que Robert Mugabe est sur la "pente glissante de la dictature".
- 11: Londres estime que la situation est une "complète tragédie".
- 12: M. Mugabe accuse le Premier ministre britannique Tony Blair de mentir sur la situation du pays.
- 15: L'ONU fait part de sa "vive préoccupation".
- 23: Tony Blair qualifie les "agissements" du président Mugabe de "honte pour son propre pays".
- 31: Harare dénonce la "relation coloniale archaïque" que tentent d'imposer à son pays l'UE et le Commonwealth.
Le Parlement zimbabwéen approuve une loi très controversée limitant la liberté de la presse.
 

-Février 2002-

- 16: Expulsion du Suédois Pierre Schori, chef des observateurs de l'UE pour la présidentielle. Robert Mugabe déclare que son comportement a été "malhonnête et culotté".
- 18: L'UE impose des sanctions contre M. Mugabe et 19 de ses proches et décide de rappeler ses observateurs à la présidentielle, accusant le régime d'atteintes aux droits de l'Homme et à la liberté d'expression et de vouloir empêcher la tenue d'un scrutin libre.
- 23: Les Etats-Unis décident d'imposer des sanctions contre le président Mugabe et plusieurs de ses proches, leur interdisant de se rendre aux Etats-Unis.
 

-Mars 2002-

- 2: Robert Mugabe estime que sa politique de réconciliation avec les Blancs menée dans l'ex-Rhodésie après la guerre d'indépendance (1972-79) a été une erreur.
- 4: Les dirigeants du Commonwealth reportent au-delà de la présidentielle leur décision sur d'éventuelles sanctions.
- 6: Colin Powell affirme que le président Mugabe "constitue un anachronisme par la manière dont il dirige son pays".
Tony Blair qualifie le chef de l'Etat zimbabwéen de "despote" et de "corrompu".
- 8: Les Etats-Unis accusent le régime de Mugabe de vouloir "voler" la présidentielle.
- 9-11: Election présidentielle opposant Robert Mugabe à Morgan Tsvangirai. Le MDC accuse le pouvoir d'avoir sciemment freiné le scrutin dans les zones urbaines, en réduisant le nombre de bureaux de vote dans ces fiefs de l'opposition.
- 12: Des observateurs indépendants jugent le scrutin "ni libre, ni juste", tandis que la Grande-Bretagne affirme qu'il existe "des indications claires" montrant que le président sortant a "volé" l'élection.
La mission des observateurs norvégiens, seuls Européens à avoir pu surveiller l'élection, affirme que la présidentielle n'a pas rempli les critères d'un scrutin libre, notant que la campagne électorale a été marquée "par la violence et l'intimidation".
Washington juge de son côté que l'élection a été "sérieusement faussée" et accuse Mugabe d'en être responsable.
Par ailleurs, Amnesty International exige la libération "immédiate et sans condition" de plus de 1.400 personnes arrêtées pour des raisons "politiques" pendant l'élection.


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