- Devant la justice et
par le biais de pourparlers avec le pouvoir, l'opposition
zimbabwéenne tente tout, sans illusion, pour
obtenir l'annulation de l'élection
présidentielle remportée en mars dans des
conditions contestées par le président
Robert Mugabe.
- Le principal parti d'opposition, le Mouvement pour
le changement démocratique (MDC), a
déposé devant la Haute cour de justice un
recours en annulation de l'élection
présidentielle qui s'est tenue du 9 au 11 mars et
dont il conteste les résultats.
- Son président, Morgan Tsvangirai,
candidat malheureux face à Robert Mugabe qui l'a
battu par 56,2% des voix contre 41,9%, a affirmé
que le MDC disposait d'une "montagne de preuves
accablantes" démontrant que cette élection
lui a été "volée" par le pouvoir.
- Le MDC dénonce la campagne de violence contre
ses militants, dont une quarantaine ont été
tués depuis le début de l'année, et
les fraudes massives - bourrage d'urnes, manipulation des
chiffres, électeurs fantômes - ayant permis
à M. Mugabe d'être réélu
après 22 ans de pouvoir.
- L'examen du dossier par la Haute cour de justice
prendra plusieurs mois, selon un des avocats du MDC.
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- Parallèlement à son recours en justice,
le MDC a accepté, sous la pression de l'Afrique du
Sud et du Nigeria inquiets de la dégradation de la
situation au Zimbabwe, d'entamer des discussions avec le
parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du
Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF).
- Pour le parti d'opposition, l'objectif de ces
pourparlers est clairement affiché: obtenir le
retour à la "légitimité" dans le
pays par l'organisation d'une nouvelle élection
présidentielle "libre et équitable",
supervisée par la communauté
internationale.
- Dans les deux cas, le MDC est parfaitement conscient
de n'avoir que de faibles chances de l'emporter.
- Plusieurs membres de la Haute cour de justice, ainsi
que de la Cour suprême, jugés trop
indépendants, ont été
remplacés par des hommes considérés
comme plus proches du pouvoir.
- Sur le front des pourparlers, qui après deux
premières rencontres les 8 et 10 avril reprendront
le 13 mai, l'exigence de nouvelles élections a
déjà été à plusieurs
reprises catégoriquement rejetée par le
pouvoir.
- "Nous disons que le MDC doit accepter la
légitimité de l'élection. Nous
sommes le gouvernement, nous sommes le parti au pouvoir
et cette position est irréversible et non
négociable", a dit Patrick Chinamasa,
ministre de la Justice et chef de la
délégation ZANU-PF aux pourparlers.
- Bien qu'utilisant tous les moyens légaux
à sa disposition pour tenter d'obtenir gain de
cause, le MDC de M. Tsvangirai semble dans une impasse.
- Car le pouvoir, tout en jouant le jeu de la
négociation, a dans le même temps accru sa
pression à l'encontre de ses opposants depuis
l'élection.
- Les représailles contre ceux qui ont
voté Tsvangirai ont fait dix morts en un mois, et
les différentes manifestations de protestation
contre la réélection de M. Mugabe,
organisées par des organisations proches du MDC,
se sont soldées par un échec et ont
été brutalement réprimées.
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- Malgré ce contexte peu propice à une
ouverture politique, les deux parties -pouvoir et
opposition - ont réussi à s'entendre sur
des thèmes de travail qui seront discutés
à partir du 13 mai. Selon un communiqué
conjoint, les sujets retenus sont les suivants:
légitimité de l'élection
(présidentielle) et du gouvernement,
souveraineté du Zimbabwe, multipartisme au
Zimbabwe, mesures pour bâtir la confiance, violence
politique, constitution et lois zimbabwéennes.
- Dans le domaine économique, le thème
central sera la réforme agraire. L'objectif sera
de tenter de trouver un consensus sur une réforme.
- La seconde phase du dialogue qui s'achèvera le
18 mai sera suive d'une troisième et
dernière phase à une date encore à
préciser. Elle aura pour but "de
reconsidérer les points cruciaux sur lesquels un
consensus n'aura pas été atteint", selon le
communiqué.
- Les pourparlers pouvoir-opposition, qui n'ont pu
s'ouvrir que sous la pression des présidents de
l'Afrique du sud et du Nigeria, sont
présidés et coordonnés par deux
"facilitateurs" du dialogue interzimbabwéen,
émissaires de Thabo Mbeki et Olusegun Obasanjo:
Kgalema Motlanthe, secrétaire
général du parti au pouvoir en Afrique du
Sud, le Congrès national africain (ANC) et Adebayo
Adedeji, diplomate nigérian.
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