N° 249
du 06/05/2002

Zimbabwe


Le principal syndicat lance un appel à l’unité contre le pouvoir

Les dirigeants de la Confédération des syndicats du Zimbabwe (ZCTU), principale organisation syndicale du pays proche de l’opposition, ont lancé le 1er mai un appel à l’unité contre le pouvoir du président Mugabe après sa réélection contestée de mars.
“Nous devrions être unis. Quand nous appelons à la grève, faisons tous la grève. Quand nous appelons à une manifestation, manifestons tous”, a déclaré Wellington Chibebe, secrétaire général de la ZCTU, devant quelque 12.000 personnes rassemblées dans un stade d’Harare pour célébrer la fête du travail.
Le président de la ZCTU, Lovemore Matombo, a pour sa part désigné comme “l’ennemi” le gouvernement du président Mugabe, estimant que c’est lui qui était responsable des difficultés d’un pays à l’économie rongée par l’inflation et le chômage, où la famine menace et où près de 80% des 12,5 millions d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté.
“Ce qu’il faut maintenant, c’est une grève générale”, a affirmé M. Matombo sans dire quand elle serait organisée.
“Nous avons à faire à un ennemi”, a-t-il dit, ajoutant: “Nous sommes tous prêts à mourir, mais quand nous la ferons (la grève) nous ne l’annoncerons pas” à l’avance. Un précédent appel à la grève générale, lancé par la ZCTU après l’élection présidentielle, s’était soldée par un échec.
Munyaradzi Gwisai, député MDC, et Lovemore Lovemore Madhuku, président de l’Assemblée nationale constitutionnelle (NCA), groupement d’associations proches de l’opposition, étaient présents et ont également appelé à l’unité pour lutter contre le pouvoir.
Dans un autre stade d’Harare, Alfred Makwarimba, président un syndicat créé en 2001 et proche du gouvernement, la Fédération des syndicats du Zimbabwe (ZFTU), en célébrant aussi le 1er mai, a mis en garde contre la grève, estimant qu’elle ne devait être utilisée qu’en “dernier recours”.


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