N° 259
du 29/11/2002

Zimbabwe


Redistribution des terres: la moitié des fermiers noirs installés

Seule la moitié des fermiers noirs qui se sont vus allouer des terres saisies aux fermiers blancs dans le cadre de la réforme agraire menée par le président Robert Mugabe, ont pris possession de leur exploitation dans l’une des provinces les plus riches du Zimbabwe, selon le Sunday Mail, hebdomadaire gouvernemental, publié le 24/11/02.
7 000 fermiers noirs, sur les 14.000 concernés par la réforme dans la province du Mashonaland-Ouest (nord-ouest), ont emménagé dans leur ferme et commencé à préparer les prochaines récoltes, annonce, qui précise que la gouverneur de la province, Peter Chanetsa, était “préoccupé par ce maigre résultat".
Seuls 600 fermiers blancs continuent d’exploiter leurs terres sur les 4.500 que comptaient la province lorsque le président Mugabe a lancé sa réforme agraire en février 2000.
Le gouverneur d’une autre province fertile du pays, le Mashonaland-Est (nord-est) avait reconnu en octobre que seule la moitié des fermiers à qui le pouvoir avait alloué des terres dans la province s’y étaient installés.
Ces nouveaux fermiers manquent de soutien financier et d’infrastructures. La réforme agraire vise à redistribuer aux Noirs sans terres celles de la minorité blanche. L’application de cette réforme s’est accompagnée de violences commises lors de l’occupation des fermes par des partisans du pouvoir et a placé le pays sous la menace de la famine.
Par ailleurs, l’Union européenne a rejeté la demande du Zimbabwe qui souhaitait que l’Europe et la Grande-Bretagne indemnisent les fermiers blancs dont les terres ont été saisies.
“C’est inacceptable, ces réformes ont été menées sans un respect minimum pour l’Etat de droit”, a déclaré lors d’une conférence de presse, Berterl Haarder, ministre danois pour les affaires européennes, dont le gouvernement assure en ce moment la présidence tournante de l’UE.
Il a affirmé qu’il ne fallait pas s’attendre à une normalisation rapide des relations entre le Zimbabwe et l’Union européenne, mais que tout serait fait pour assurer une poursuite du dialogue.

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