- Lopposition a décidé de maintenir à partir du 2 juin sa semaine daction contre le régime du président Robert Mugabe, sous forme de grèves et de marches «pacifiques pour la démocratie», en dépit de son interdiction par la justice.
Un arrêt de la Haute cour de justice du Zimbabwe, rendu le 31/05, avait interdit «à lopposition dorganiser ou de tenir toute action populaire destinée à renverser un président légitimement élu et son gouvernement». Larrêt a été transmis au chef de la police, Augustine Chihuri, qui a aussitôt ordonné que lopposition et son chef, Morgan Tsvangirai, norganisent pas les manifestations prévues contre le régime.
Morgan Tsvangirai, président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti dopposition, a décidé de passer outre cet arrêt, qui, a-t-il dit «nest contraignant, ni pour moi ni pour le MDC».
Le gouvernement a accusé le MDC de vouloir, par sa semaine daction, fomenter «un coup dEtat» contre Robert Mugabe dont lopposition ne reconnaît pas la légitimité, laccusant davoir été réélu en mars 2002, face à M. Tsvangirai, par la «fraude et la violence».
Larmée, la police, les membres les plus importants du gouvernement Mugabe, les anciens combattants de la guerre dindépendance des années 70, proches du pouvoir et connus pour leur actions violentes, ont tous mis en garde le MDC contre cette semaine daction.
Les forces de sécurité ont promis quelles ne resteraient pas «les bras croisés» et ne se comporteraient pas en «observateur inactif», si les marches devaient donner lieu à des violences.
Depuis sa création en 1999, cest la première fois que le MDC, qui chiffre à environ 200 le nombre de ses militants et sympathisants morts de la répression du régime et à plusieurs milliers ceux victimes de tortures et agressions diverses, en appelle à des manifestations de rue massives et «pacifiques».
Jusqualors, il sétait contenté dappeler ou soutenir des grèves générales dont les dernières, en mars et avril avaient été largement suivies.
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