- Le gouvernement australien a présenté, lors dune réunion du Commonwealth à Londres, un nouveau rapport accablant sur la situation au Zimbabwe, imputant des actes de torture et brutalités au régime du président Mugabe. Ce «Rapport sur abus et répression par le gouvernement zimbabwéen», dont le Sunday Times (Afrique du Sud) dit avoir obtenu une copie, fait état notamment de cas dagressions sexuelles et de viols par des soldats gouvernementaux, de torture dans des camps de jeunesse et de brutalités contre des enfants.
Ce rapport a été présenté par le ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer lors dune réunion du Groupe daction ministériel (CMAG) à Londres.
Il se fonde sur des compte-rendus de diplomates australiens au Zimbabwe qui disent «avoir constaté les résultats de plusieurs attaques vicieuses par des militaires, dont des coups de bâtons enrobés de fil de fer barbelé».
Le rapport signale quau cours des 18 derniers mois, 42 opposants du MDC ont été arrêtés et beaucoup dentre eux torturés pendant leur détention.
Le texte australien cite le rapport dun groupe de défense des droits de lHomme comptabilisant notamment 58 meurtres, 111 cas de détentions illégales, 170 arrestations non justifiées, 227 enlèvements et 1.060 cas de torture.
Les diplomates décrivent également la manière dont les responsables de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, utilisent laide alimentaire internationale au Zimbabwe à des fins politiques, en favorisant les membres de leur parti dans les programmes de distribution et en permettant à des responsables politiques de faire de vastes profits en revendant les produits alimentaires à des prix exorbitants sur le marché noir.
Quant au plan de réforme agraire lancé il y a 3 ans par M. Mugabe par léviction de fermiers blancs, seuls «20 à 50%» des 11 millions dhectares de terre redistribués par le gouvernement sont exploités, le restant étant laissé en jachère, estime ce rapport.
Un premier rapport transmis le mois dernier par le Secrétaire général du Commonwealth, Don McKinnon, aux chefs dEtats de lorganisation, avait déjà dressé un tableau accablant de la situation au Zimbabwe depuis un an.
La participation du Zimbabwe aux réunions ministérielles du Commonwealth a été suspendue pour un an, à la suite dun rapport des observateurs de cette organisation sur lélection présidentielle de mars 2002. M. McKinnon a annoncé le 17 mars la prolongation de cette suspension pour neuf mois jusquen décembre 2003.
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