N° 271
du 03/06/2003

Zimbabwe


Nouveau rapport australien,
très accablant pour le régime

Le gouvernement australien a présenté, lors d’une réunion du Commonwealth à Londres, un nouveau rapport accablant sur la situation au Zimbabwe, imputant des actes de torture et brutalités au régime du président Mugabe. Ce «Rapport sur abus et répression par le gouvernement zimbabwéen», dont le Sunday Times (Afrique du Sud) dit avoir obtenu une copie, fait état notamment de cas d’agressions sexuelles et de viols par des soldats gouvernementaux, de torture dans des camps de jeunesse et de brutalités contre des enfants.
Ce rapport a été présenté par le ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer lors d’une réunion du Groupe d’action ministériel (CMAG) à Londres.
Il se fonde sur des compte-rendus de diplomates australiens au Zimbabwe qui disent «avoir constaté les résultats de plusieurs attaques vicieuses par des militaires, dont des coups de bâtons enrobés de fil de fer barbelé».
Le rapport signale qu’au cours des 18 derniers mois, 42 opposants du MDC ont été arrêtés et beaucoup d’entre eux torturés pendant leur détention.
Le texte australien cite le rapport d’un groupe de défense des droits de l’Homme comptabilisant notamment 58 meurtres, 111 cas de détentions illégales, 170 arrestations non justifiées, 227 enlèvements et 1.060 cas de torture.
Les diplomates décrivent également la manière dont les responsables de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, utilisent l’aide alimentaire internationale au Zimbabwe à des fins politiques, en favorisant les membres de leur parti dans les programmes de distribution et en permettant à des responsables politiques de faire de vastes profits en revendant les produits alimentaires à des prix exorbitants sur le marché noir.

Quant au plan de réforme agraire lancé il y a 3 ans par M. Mugabe par l’éviction de fermiers blancs, seuls «20 à 50%» des 11 millions d’hectares de terre redistribués par le gouvernement sont exploités, le restant étant laissé en jachère, estime ce rapport.
Un premier rapport transmis le mois dernier par le Secrétaire général du Commonwealth, Don McKinnon, aux chefs d’Etats de l’organisation, avait déjà dressé un tableau accablant de la situation au Zimbabwe depuis un an.
La participation du Zimbabwe aux réunions ministérielles du Commonwealth a été suspendue pour un an, à la suite d’un rapport des observateurs de cette organisation sur l’élection présidentielle de mars 2002. M. McKinnon a annoncé le 17 mars la prolongation de cette suspension pour neuf mois jusqu’en décembre 2003.

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