- Cette semaine de contestation a donné lieu à une avalanche de critiques formulées par les principaux «adversaires» extérieurs du régime du président Mugabe, qui na pas manqué de réparties comme à son habitude.
Dès le 3 juin, les pays membres du G 8, réunis à Evian (en France), se sont déclarés «préoccupés» par les violences et ont demandé au gouvernement zimbabwéen de «respecter la liberté de manifester», dans une déclaration commune.
LUnion européenne a demandé pour sa part à Harare de «sabstenir de toute violence et de respecter le droit quont les citoyens de manifester et dexprimer leurs opinions pacifiquement».
«Il ne faut en aucun cas quil soit à nouveau fait un usage excessif de la force, comme cela a été le cas lors de la grève générale des 18 et 19 mars», a mis en garde dans un communiqué la présidence grecque de lUE.
Le 2 juin, le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw avait exprimé sa préoccupation en ces termes : «Je suis extrêmement inquiet face aux informations selon lesquelles la police et des militaires ont dispersé par la force des manifestants pacifiques et selon lesquelles au moins une personne aurait été blessée par balle».
Entrant à son tour dans la danse, le Parlement européen (PE) a condamné, dans une résolution adoptée le 5 juin, «la répression toujours plus violente exercée par le régime du président Robert Mugabe à lencontre du peuple» du Zimbabwe.
Et le Parlement européen de demander «la libération immédiate des prisonniers politiques».
Pour sa part, le chef de la diplomatie américaine Colin Powell a tracé un parallèle entre les gouvernements birman et zimbabwéen pour leurs campagnes de répression contre leurs oppositions respectives, et il a condamné les deux gouvernements pour le traitement quils infligent à leurs principaux dissidents.
Le département dEtat américain avait précédemment réclamé la remise en liberté immédiate de lopposante birmane en qualifiant son maintien en détention de «honteux et inacceptable». Il avait également réclamé la libération du chef de lopposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai.
Côté pouvoir, les réponses à ces critiques nont pas tardé. Le ministre zimbabwéen des Affaires étrangères, Stan Mudenge, a accusé les membres du G 8 de soutenir «le hooliganisme» de lopposition dans son pays. Sexprimant devant 65 diplomates étrangers en poste à Harare, M. Mudenge a affirmé que le MDC avait «délibérément décidé dignorer» un arrêt de la Haute Cour de justice du Zimbabwe interdisant la semaine daction, au motif quelle avait pour but «de renverser un président légitimement élu». «Il est par conséquent troublant que certains gouvernements occidentaux aient soutenu le non respect de la loi et le +hooliganisme+ du MDC en critiquant le gouvernement qui fait respecter létat de droit», a-t-il dit.
«Cela démontre lhypocrisie et la duplicité des financiers extérieurs et des manipulateurs du MDC», a-t-il ajouté.
Mais cest à Robert Mugabe en personne quest échu lhonneur de répondre à Londres et Washington. Le président Mugabe a accusé le 7 juin les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dagir «illégalement» dans son pays.
Lors des funérailles à Harare de la veuve de lancien vice-président Joshua Nkomo, Robert Mugabe a estimé que la semaine daction contre son gouvernement était destinée «à renverser anticonstitutionnellement le chef dEtat du pays», en loccurrence lui.
«Comme elles sponsorisent le MDC, jespère que les ambassades de Grande-Bretagne et des Etats-Unis réalisent quelles le font afin de parvenir à un objectif illégal», a-t-il dit.
«Elles agissent illégalement sur notre sol et je les avertis que leur comportement ne peut être toléré pour toujours par mon gouvernement», a ajouté le président Mugabe qui a une nouvelle fois accusé lopposition de vouloir brader «la souveraineté nationale».
Montant même dun cran ses menaces, Robert Mugabe a menacé dexpulser lambassadeur de Grande-Bretagne, Brian Donnelly, en invoquant son «ingérence» dans les affaires intérieures du Zimbabwe.
En réponse à ces accusations, la Grande-Bretagne a démenti avoir jamais soutenu les actions de protestation menées contre le régime. «Le gouvernement britannique et la Haute Commission (ambassade à Harare) nont joué aucun rôle, daucune manière que ce soit, dans le financement et lorganisation des grèves et protestations de la semaine dernière», a réagi dans un communiqué lambassade britannique à Harare.
Seul motif de satisfaction pour lheure pour le président Mugabe, le Canada a rejeté le 13 juin une demande de lopposition canadienne visant à encourager linculpation internationale de Mugabe pour crimes contre lhumanité.
Une adjointe du ministre des Affaires étrangères, Aileen Carroll, a souligné que le gouvernement dOttawa faisait déjà tout ce quil pouvait au sein du Commonwealth pour un retour de la stabilité au Zimbabwe et rappelé quune telle inculpation, réclamée par le député Keith Martin de lAlliance canadienne, le principal parti de lopposition, nécessiterait une résolution du Conseil de sécurité de lOnu.
Enfin la touche comique est venue du Commonwealth qui a invité par erreur à un Forum scientifique de lorganisation à Johannesburg la ministre des sciences du Zimbabwe, pays interdit de participation aux réunions ministérielles du Commonwealth. Le Zimbabwe est actuellement interdit jusquen décembre 2003 de participation aux réunions ministérielles du Commonwealth.
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