- Le chef de lopposition, Morgan Tsvangirai, a passé une semaine en prison sans que cela nait entraîné de réaction populaire dans le pays où la peur de la répression et le combat quotidien pour survivre restent les plus forts.
Président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti dopposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai a été arrêté le 6 juin, au dernier jour dune semaine dactions de protestation organisée par son parti contre le régime du président Robert Mugabe.
Cette semaine de grèves, bien suivies dans les villes, et de marches «pacifiques pour la démocratie» qui nont jamais eu lieu à cause de la présence massive des forces de lordre et des partisans du régime dans les rues, avait été interdite et a été durement réprimée.
Pour la seconde fois en 15 mois, M. Tsvangirai a été inculpé de «trahison» pour ses appels supposés à «renverser» un gouvernement constitutionnel «par la violence».
Avec deux autres dirigeants du MDC, il avait une première fois été inculpé de «trahison» en mars 2002, pour participation présumée à «un complot» en vue déliminer le président Mugabe. La «trahison» est passible de la peine de mort au Zimbabwe.
Après quatre jours de garde-à-vue dans un commissariat dHarare, un tribunal a ordonné son maintien en détention jusquau 10 juillet et il a été transféré dans la prison surpeuplée et vétuste de la capitale réservée à la détention préventive.
Ses avocats ont fait appel de cette décision devant la Haute cour de justice pour obtenir sa remise en liberté sous caution.
Etonnamment, le gouvernement a décidé de lever les mêmes accusations contre son adjoint, Welshman Ncube, qui a été libéré.
Larrestation, linculpation, le maintien en détention et lhumiliation subie par M. Tsvangirai, nont provoqué aucune manifestation populaire de colère de la part de ses sympathisants.
Le MDC, qui se justifie en disant vouloir éviter un «bain de sang», a exhorté ses militants «à rester calmes face aux tentatives continuelles de les provoquer pour ensuite avoir le prétexte de les écraser par la violence».
Il est vrai que la première semaine daction a été durement réprimée : un mort par balles, des centaines darrestation opérées avec brutalité, des attroupements dispersés à coups de matraques, crosses de fusil, fouets, gaz lacrymogènes, des étudiants tabassés sur le campus universitaire dHarare.
Le président Mugabe persiste à refuser sa part de responsabilité dans cette crise, dont seuls sont responsables à ses yeux «les marionnettes» du MDC et leurs soutiens étrangers, singulièrement britanniques et américains, qui nont quun seul objectif selon lui : le renverser pour mettre en place un pouvoir à la solde de la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale.
Il a menacé aussi dexpulser lambassadeur britannique à Harare, Brian Donnelly, accusé dêtre «derrière» les actions de protestation du MDC.
|