N° 278
du 03/10/2003

Burundi


Grève des magistrats : le gouvernement veut la reprise du travail

Le gouvernement a conditionné la poursuite des négociations avec les magistrats en grève depuis le 1er septembre pour réclamer plus d’indépendance et de meilleurs salaires, à la reprise du travail, a annoncé le 24/09 le ministre de la Justice, Fulgence Dwima Bakana.
«Le président, le vice-président et moi-même avons reçu les membres du Symabu (Syndicat de la magistrature du Burundi). Nous pensons donc que le gouvernement a montré sa disponibilité et c’est pourquoi nous lançons cet appel pour qu’ils mettent fin à ce mouvement de grève», a réitéré M. Bakana.
De son côté, le Symabu qui ressemble les quelque 900 magistrats du Burundi a estimé qu’il n’y pas eu de négociations jusqu’ici.
Quelques magistrats du Burundi ont lancé le 1er septembre une grève illimitée pour réclamer plus d’indépendance, davantage de moyens et une meilleure rémunération.
«Sur la question clé des salaires, le gouvernement a indiqué aux magistrats qui sont des Burundais et qui connaissent les difficultés de l’Etat que ses caisses sont vides», a rappelé le ministre de la Justice.
Le président burundais, Domitien Ndayizeye, avait estimé que «les magistrats ne sont pas les plus à plaindre au niveau du salaire».

En début de carrière, un magistrat muni d’une licence en droit perçoit actuellement un salaire net supérieur à 100.000 francs burundais (90 dollars) selon le ministre de la Justice, alors qu’un enseignant du secondaire ne touche que 45.000 francs burundais (42 dollars).
La justice est actuellement largement dominée par la minorité tutsie. L’accord de paix d’Arusha (Tanzanie) de 2000 prévoit un partage des responsabilités à hauteur de 60% pour les Hutus et 40% pour les Tutsis, notamment dans la magistrature.


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