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Le président
Pierre Buyoya a annoncé le 10 janvier à
Libreville avoir "convenu d'entamer le dialogue" avec
le chef du principal mouvement rebelle hutu burundais,
Jean-Bosco Ndayikengurukiye.
Le président burundais a noué un premier
dialogue dans la capitale gabonaise, avec le chef des
Forces pour la défense de la démocratie
(FDD), grâce à l'entremise des
présidents gabonais Omar Bongo et congolais
Laurent-Désiré Kabila.
"Nous avons convenu d'entamer un dialogue dans les meilleurs
délais pour rétablir la stabilité dans
le pays", dans le cadre de la médiation de l'ancien
président sud-africain Nelson Mandela, a-t-il
précisé.
Absents de la signature de l'accord de paix d'Arusha
(Tanzanie) le 28 août sous la médiation de
Mandela, les FDD ont donc accepté d'entrer dans le
processus de paix pour tenter de mettre fin à la
guerre civile entre le régime, dominé par la
minorité tutsie, et plusieurs mouvements rebelles
hutus.
Le futur "débat" aura lieu sous la médiation
sud-africaine, en contact également avec l'autre
groupe armé hutu actif sur le terrain, les Forces
nationales de libération (FNL), a
précisé M. Buyoya.
Les deux hommes qui ne s'étaient pas officiellement
rencontrés depuis des négociations à
Rome en 1997, se sont entretenus en présence du
président gabonais Omar Bongo et du chef de l'Etat de
la République démocratique du Congo (RDC),
arrivé en compagnie du chef rebelle dont les troupes
font partie de la coalition loyaliste dans le conflit en
RDC.
Cette rencontre surprise, a été
préparée par un entretien de MM. Kabila et
Buyoya le 24 décembre à Lagos, elle-même
initiée lors de contacts pendant le sommet des
bailleurs de fonds du Burundi, en décembre à
Paris.
En résumé, Buyoya espère faire
rentrer dans le rang les rebelles hutus, à charge
pour Kabila de les neutraliser. En contre-partie, ce dernier
espère que le Burundi va se désengager de son
pays et retirer son appui aux rebelles en lutte contre le
pouvoir de Kinshasa. Concernant la présence de
troupes burundaises sur le territoire de la
République démocratique du Congo (RDC), M.
Buyoya a indiqué que son gouvernement n'avait "jamais
caché aux Congolais" avoir "pris des mesures de
sauvegarde sur sa frontière".
"Bien sûr, la fin de la guerre au Burundi, la fin de
la menace des infiltrations de la rébellion à
partir du Congo pourra aussi, le moment venu, faire
évoluer cette situation", a-t-il dit. Les
présidents congolais et burundais sont chacun dans
des camps opposés dans le conflit en RDC. Bujumbura a
des troupes en RDC et est accusé de soutenir la
coalition rebelle aux côtés du Rwanda et de
l'Ouganda.
Jusqu'à présent, les FDD comme les FNL avaient
posé des préalables à ces
négociations directes, notamment la libération
des prisonniers politiques et la fermeture des camps de
regroupement au Burundi.
Plusieurs inconnues pèsent pourtant lourdement sur la
suite du processus et l'éventualité d'un
cessez-le-feu souhaité par le président
burundais. Au premier rang figurent l'attitude des FNL,
actives autour de Bujumbura et beaucoup moins liés au
gouvernement de Kinshasa.
La complexité de la situation en RDC, qui rejaillit
sur le conflit burundais, risque également de
cantonner cette rencontre historique dans une dimension
symbolique. Les FDD sont actuellement déployés
au sein de la coalition loyaliste au Katanga (sud-est de la
RDC) et l'on image mal Kabila pouvoir les neutraliser en un
tour de main.
Les responsables de la défense de la
République démocratique du Congo (RDC) et du
Burundi vont se réunir au Kenya pour "étudier
les modalités" d'un désengagement militaire
burundais en RDC. Il s'agira d'étudier à
Nairobi les modalités pratiques de retrait des
troupes burundaises et des éléments
armés des FDD qui sont basés en territoire
congolais.
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