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Près d'un an
après leur signature à Arusha, le 28
août 2000, les accords de paix sur le Burundi sont
enfin en voie de concrétisation avec la formation
annoncée d'un gouvernement national de transition,
même si la guerre civile qui ensanglante le pays
depuis 1993 continue.
Les efforts de l'ex-président sud-africain Nelson
Mandela, médiateur dans le conflit depuis
décembre 1999, après le décès de
l'ex-président tanzanien Julius Nyerere, ont fini par
porter leurs fruits: la transition politique portant en elle
le partage du pouvoir entre Tutsis et Hutus va
débuter prochainement, sans doute après un
dernier sommet régional prévu à Arusha,
le 23 juillet prochain.
Pierre Buyoya, arrivé au pouvoir en juillet
1996 à la faveur d'un coup d'Etat soutenu par
l'armée à majorité tutsie, restera chef
d'Etat pour les premiers 18 mois de la période de
transition prévue par l'accord de paix.
Il a confirmé le 11 juillet à Lusaka qu'il
quittera alors le pouvoir comme prévu par l'accord,
finissant par avouer sans manifester une grande joie: "je
suis content".
Son vice-président sera Domitien Ndayizeye,
secrétaire général du principal parti
hutu, le FRODEBU, avait déjà annoncé
à Pretoria le médiateur Nelson Mandela.
Pour les 18 mois suivants de la transition, le
président, qui devra être un Hutu, et le
vice-président, un Tutsi, restent à
désigner entre les groupes politiques burundais
parties au processus de paix.
Le président Buyoya a indiqué que cette
transition pourra débuter sans le cessez-le-feu qu'il
réclamait depuis plusieurs mois pour participer
à sa mise en place. Sans doute, les efforts
répétés des chefs d'Etat africains ont
fini par le convaincre.
Le 8 juillet, en marge des travaux du sommet de l'OUA
à Lusaka, il participait encore à une
réunion avec Nelson Mandela, le président
rwandais Paul Kagame, l'ougandais Museveni, le kenyan daniel
arap Moi, le ministre des Affaires étrangères
tanzanien Jakaya Kikwete et le leader libyen Mouammar
Khadafi.
Cette transition sera effective quand un gouvernement
national de transition sera formé, "le plus
rapidement possible", a dit le président burundais en
déclarant que "tout cela devait être
précisé" lors du prochain sommet prévu
à Arusha.
"L'une des deux principales questions de l'application des
accords de paix, -qui conduira la transition?- a
été réglée", a pu dire le
président burundais. "Il reste le problème de
la sécurité", a-t-il ajouté, alors que
depuis trois mois les infiltrations depuis la
République démocratique du Congo de forces
rebelles hutues se sont intensifiées et les incidents
armés se sont multipliés.
"Nous continuerons de négocier un cessez-le-feu", a
commenté Pierre Buyoya, qui ouvrira la voie au
déploiement d'une force internationale africaine.
Quatre pays ont donné leur accord pour envoyer des
contingents: le Sénégal, le Ghana, le Nigeria
et l'Afrique du sud.
Les rebelles FNL continueront de se battre
L'un des deux mouvements rebelles, les Forces
Nationales de Libération (FNL), a aussitôt
annoncé qu'il continuera de se battre, au lendemain
de l'accord de Pretoria. "Il n'y a rien de nouveau si Buyoya
reste président (...), ou même un autre, et
cela (l'accord de Pretoria) ne nous concerne pas", a
déclaré le porte-parole des FNL, Anicet
Ntawuhiganayo. "Nous avons notre propre programme, qui
est de lutter contre le régime actuel injuste
jusqu'à ce qu'il tombe et nous continuerons à
lutter jusqu'à ce qu'il tombe", a-t-il ajouté.
"Ce qui vient d'Arusha ne nous concerne pas, nous n'y avons
pas participé", a répété M.
Ntawuhiganayo. "Si l'on veut qu'il y ait de vraies
négociations, cela doit se faire entre nos
combattants et les militaires, directement, car ce sont eux
qui ont le pouvoir, le gouvernement est à leurs
ordres", a-t-il assuré.
Les FDD et les FNL se sont engagées, à des
degrés divers depuis plusieurs mois, dans des
contacts directs mais discrets avec le gouvernement et
l'armée, en Afrique du Sud sous l'égide du
vice-président Jacob Zuma mandaté par M.
Mandela, et, pour les FDD, lors de rencontres à
Libreville avec M. Buyoya. Sur le terrain, les rebelles ne
désarment pas, bien au contraire. Trois civils et
huit rebelles ont été tués les 16 et
17 juillet, dans trois attaques distinctes de la
rébellion.
Deux civils ont péri dans une attaque des Forces pour
la défense de la démocratie (FDD) dans la
ville de Rumonge (sud-est). Un membre des "gardiens de la
paix", force d'autodéfense civile créée
et armée par le pouvoir, a lui été
blessé, dans les combats qui ont suivi entre cette
milice et les FDD. La veille, le dimanche 16 juillet, huit
rebelles des FDD avaient été tués "au
cours d'une opération" menée par
l'armée et les gardiens de la paix dans la même
zone.
Le 17, c'est un jeune garçon qui a été
tué au cours d'une attaque à Kamenge, un
quartier hutu du nord de Bujumbura. Les rebelles seraient
venus de "Tenga", une forêt dense au nord de
Bujumbura, sanctuaire des rebelles des Forces Nationales de
Libération (FNL).
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