- Un sommet qui s'est
tenu à Pretoria sur le Burundi entre les chefs
d'Etat de la région, s'est achevé le 11
octobre sans accord de cessez-le-feu, mais a toutefois
permis une entente sur le futur "partage du pouvoir",
selon l'actuel président burundais, Pierre
Buyoya.
- Nelson Mandela, médiateur du processus
de paix interburundais, a regretté qu'aucun accord
n'ait pu être obtenu lors du sommet, ni sur la
composition d'une force de protection des exilés,
ni sur un cessez-le-feu, les deux points essentiels
abordés lors de la réunion.
- M. Mandela avait toutefois assuré que le
gouvernement de transition serait mis en place comme
prévu au 1er novembre, conformément
à l'accord de paix d'Arusha signé le 28
août 2000 entre le gouvernement et l'opposition
politique hutue et tutsie.
- "Au niveau politique, le travail de
répartition des postes ministériels entre
le G10 (partis tutsis) et le G7 (partis hutus) est
terminé", a annoncé M. Buyoya à son
retour du sommet de Pretoria, qui rassemblait cinq chefs
d'Etat africains, les 19 partis signataires des accords
de paix d'Arusha et les deux principaux groupes rebelles.
- Les interlocuteurs burundais sont "parvenus aussi
à un accord sur la composition des futurs
Parlement et Sénat de transition", a-t-il
ajouté. Il ne reste plus à définir
que "la répartition des responsabilités au
sein des familles politiques" hutue et tutsie, a-t-il
souligné.
Représentés à Pretoria, les deux
principaux mouvements rebelles au Burundi, les Forces
nationales de libération (FNL) et les
Forces pour la Défense de la démocratie
(FDD), non signataires des accords d'Arusha, "ont
accepté de reprendre les négociations dans
les meilleurs délais", a encore rappelé le
président burundais.
- Le président Bongo et le
vice-président Zuma ont été
chargés de conduire ces négociations.
- Au sommet de Pretoria, le dirigeant des FDD,
Jean-Bosco Ndayikengurukiye, avait émis le
souhait que le président du Gabon, Omar Bongo,
soit le second médiateur du processus de paix, aux
côtés de Nelson Mandela.
- Le Président burundais a également
évoqué son accord avec le
vice-président sur "une unité de protection
composée de burundais". Avant sa mise en place,
"l'Afrique du sud fournira les éléments de
sécurité pour qu'ils puissent Être
disponibles avant le 1er novembre", en attendant leur
renforcement par les quatre pays qui ont promis d'aider
le Burundi.
- L'Afrique du Sud, le Nigeria, le Ghana et le
Sénégal vont envoyer "une mission
militaire" qui aura pour mission "d'assurer la
sécurité des leaders qui vont rentrer
d'exil et de participer aussi à la formation de
l'unité composée de burundais, avant le
cessez-le-feu", a encore expliqué M. Buyoya.
Mandela irrité
- Visiblement exaspéré, Nelson Mandela a
mis en cause lors d'une conférence de presse les
partis politiques burundais et les rebelles pour leur
manque de volonté d'aboutir. "Presque aucune
partie au Burundi ne semble pressée d'aboutir
à un règlement", a-t-il dit, ajoutant que
le processus de paix au Burundi était
"dangereusement lent, pénible et coûteux".
- Il a indiqué que les signataires des accords
d'Arusha n'avaient pu se mettre d'accord sur la
composition et la taille de la force de protection
censée protéger les quelque 150
exilés burundais qui doivent revenir dans leur
pays pour participer à la vie politique. Cette
question était la raison essentielle de la tenue
de cette réunion de Pretoria, après
l'échec d'une réunion tenue à Arusha
le 1er octobre.
- Lors de cette précédente
réunion, la mise en place d'une unité
mixte Hutus-Tutsis n'avait pu faire l'objet d'un accord.
- Une solution alternative avait été
prévue avant la réunion de Pretoria,
prévoyant la mise en place d'une force de
protection composée de soldats de quatre pays
africains, le Ghana, le Nigeria, le Sénégal
et l'Afrique du Sud.
- Mais Nelson Mandela a souligné qu'en l'absence
d'un accord des parties, "il ne sera pas facile de
mobiliser les quatre pays pour mettre des troupes au
Burundi".
- La réunion de Pretoria n'a pas non plus abouti
à un cessez-le-feu avec les deux principaux
mouvements rebelles, les Forces nationales de
libération (FNL) et les Forces pour la
Défense de la démocratie (FDD), non
signataires des accords d'Arusha. C'était pourtant
la première participation des FDD et des FNL
à un sommet régional depuis qu'ils ont
quitté en 1998 le processus de paix d'Arusha.
Selon le calendrier prévu, l'actuel
président Pierre Buyoya va diriger à
partir du 1er novembre les dix-huit premiers mois de
la transition, le secrétaire
général du Front pour la
démocratie au Burundi (FRODEBU),
Domitien Ndayizeye, assurant la
vice-présidence.
- Ensuite, le Burundi aura un président hutu
et un vice-président tutsi pour la seconde
moitié de la transition, qui doit
déboucher sur des élections.
- Nelson Mandela a indiqué que le seul point
positif de la réunion avait été
l'accord du FRODEBU sur la composition du futur
gouvernement. Chacun des 19 partis politiques aura 4
représentants à l'Assemblée
nationale et sera représenté dans les
différentes structures du gouvernement.
|