N° 237
du 15/10/2001

Burundi


Les suites du putsch de juillet
7 civils et près de 100 militaires détenus

Sept civils et 96 militaires, dont 20 officiers, sont en détention préventive et inculpés, pour avoir participé à une tentative de coup d'Etat le 23 juillet dernier, a annoncé le procureur général de la République, Gérard Ngendabanka.
Plus de 500 militaires avaient été arrêtés par les troupes loyalistes après avoir tenté de renverser le régime du président Pierre Buyoya, dans la nuit du 22 au 23 juillet.
La plupart ont été tout simplement renvoyés de l'armée, la justice maintenant en détention ceux qu'elle considère comme les responsables importants. Les sept civils, dont aucune personnalité politique de premier plan, ainsi que neuf militaires, ont été arrêtés à l'issue du travail d'une commission d'enquête composée de trois civils et quatre militaires.
Vingt officiers et 20 sous-officiers figurent parmi les inculpés qui doivent comparaître devant la Cour militaire de Bujumbura.
Les 103 inculpés ont rejoint en prison 23 autres détenus, également en détention préventive pour avoir participé, elles, à une précédente tentative de putsch, le 18 avril 2000.
"La tentative du 23 juillet avait des liens très étroits avec celle du 18 avril, le rapport de la commission d'enquête l'a clairement établi", a expliqué le magistrat.
Un demi-millier de militaires mutins s'étaient rendus à l'armée le 23 juillet, stoppés dans leur fuite à Ngozi, au nord de Bujumbura.
Parmi les officiers inculpés figure le lieutenant-colonel Philippe Ndayishimiye, commandant par intérim du Groupement pour la défense de la capitale (GODEC), qui était le commandant en second de la garde présidentielle. Le GODEC avait fourni l'essentiel des troupes des mutins.
Les inculpés sont poursuivis "sur la base de l'article 42 du code pénal militaire, qui prévoit et réprime l'attentat dont le but est de détruire ou de changer le régime constitutionnel, ou pour complicité de cette même infraction", a précisé le procureur, ajoutant: "Vous saurez qui est le cerveau au moment des audiences".
Les sept civils sont des membres du principal parti d'opposition de la minorité tutsie, le Parti pour le Redressement National (PARENA), qui rejette l'idée d'un gouvernement de transition prévu d'ici au 1er novembre et dirigé dans un premier temps par le major Buyoya, en application d'un accord de paix signé à Arusha (Tanzanie) le 28 août 2000.
A la question de savoir si le PARENA était visé au travers des inculpés, le procureur a répondu "non". Aucun des sept civils n'est un cadre du PARENA. "Malheureusement, les commanditaires de ce coup n'ont pas été bien identifiés", a cependant concédé le magistrat.


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