- Sept civils et 96
militaires, dont 20 officiers, sont en détention
préventive et inculpés, pour avoir
participé à une tentative de coup d'Etat le
23 juillet dernier, a annoncé le procureur
général de la République,
Gérard Ngendabanka.
- Plus de 500 militaires avaient été
arrêtés par les troupes loyalistes
après avoir tenté de renverser le
régime du président Pierre Buyoya,
dans la nuit du 22 au 23 juillet.
- La plupart ont été tout simplement
renvoyés de l'armée, la justice maintenant
en détention ceux qu'elle considère comme
les responsables importants. Les sept civils, dont aucune
personnalité politique de premier plan, ainsi que
neuf militaires, ont été
arrêtés à l'issue du travail d'une
commission d'enquête composée de trois
civils et quatre militaires.
- Vingt officiers et 20 sous-officiers figurent parmi
les inculpés qui doivent comparaître devant
la Cour militaire de Bujumbura.
- Les 103 inculpés ont rejoint en prison 23
autres détenus, également en
détention préventive pour avoir
participé, elles, à une
précédente tentative de putsch, le 18 avril
2000.
- "La tentative du 23 juillet avait des liens
très étroits avec celle du 18 avril, le
rapport de la commission d'enquête l'a clairement
établi", a expliqué le magistrat.
- Un demi-millier de militaires mutins s'étaient
rendus à l'armée le 23 juillet,
stoppés dans leur fuite à Ngozi, au nord de
Bujumbura.
- Parmi les officiers inculpés figure le
lieutenant-colonel Philippe Ndayishimiye, commandant
par intérim du Groupement pour la
défense de la capitale (GODEC), qui
était le commandant en second de la garde
présidentielle. Le GODEC avait fourni l'essentiel
des troupes des mutins.
- Les inculpés sont poursuivis "sur la base de
l'article 42 du code pénal militaire, qui
prévoit et réprime l'attentat dont le but
est de détruire ou de changer le régime
constitutionnel, ou pour complicité de cette
même infraction", a précisé le
procureur, ajoutant: "Vous saurez qui est le cerveau au
moment des audiences".
- Les sept civils sont des membres du principal parti
d'opposition de la minorité tutsie, le Parti
pour le Redressement National (PARENA), qui rejette
l'idée d'un gouvernement de transition
prévu d'ici au 1er novembre et dirigé dans
un premier temps par le major Buyoya, en application d'un
accord de paix signé à Arusha (Tanzanie) le
28 août 2000.
- A la question de savoir si le PARENA était
visé au travers des inculpés, le procureur
a répondu "non". Aucun des sept civils n'est un
cadre du PARENA. "Malheureusement, les commanditaires de
ce coup n'ont pas été bien
identifiés", a cependant concédé le
magistrat.
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