N° 239
du 20/11/2001

Burundi


Les enlèvements d'enfants,
nouvelle stratégie des rebelles

Les rebelles des Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) ont enlevé entre 330 et 380 écoliers et lycéens en une semaine, début novembre, des actes qui semblent marquer le début d'une nouvelle stratégie d'enrôlement.
Le 9, vers 04H00 du matin, les FDD ont attaqué le lycée de Musema, un hameau isolé à une cinquantaine de km au nord-est de Bujumbura et kidnappé 250 à 300 garçons de 14 à 21 ans, laissant les filles sur place. Musema, comme son lycée, abrite une population paysanne presque exclusivement hutue.
Les FDD ont revendiqué l'enlèvement mais assuré qu'il s'agissait pour eux de "protéger" les élèves de représailles de l'armée.
Après avoir incendié le lycée, ils ont emmené les adolescents à pied en direction de la forêt de la Kibira, l'un de leur sanctuaire, à une dizaine de km à l'ouest de Musema. Seul quatre garçons ont pu leur échapper.
Mardi 6 novembre, environ 80 écoliers et quatre enseignants avaient été enlevés lors d'une attaque des FDD dans l'école primaire Kirambi II, dans la province de Ruyigi (est).
Les enlèvements massifs d'élèves n'étaient pas une pratique courante des rebelles. Ils enlevaient plus volontiers, et à une moindre échelle, les enfants non scolarisés dans les villages isolés.
Des étudiants avaient rejoint volontairement les rangs des FDD lors de la création de ce mouvement en 1994, mais il n'y avait pas de précédent d'enlèvements massifs dans les écoles.
Le président de la Ligue burundaise des Droits de l'Homme (la Ligue Iteka, indépendante), Pie Ntakarutimana, a condamné "ce comportement nouveau de la rébellion consistant à enrôler de force les étudiants pour aller sur les champs de bataille".


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