- Le gouvernement de
transition au Burundi a prêté serment jeudi
1er novembre, à Bujumbura, instaurant sur le
papier un partage équitable du pouvoir entre Hutus
et Tutsis, avec la tâche difficile de
négocier la paix avec les rebelles hutus pour
mettre fin à huit années d'une guerre
civile très meurtrière.
- En annonçant que les deux principaux
mouvements rebelles sont "prêts à
négocier avec le nouveau gouvernement", ce qu'a
immédiatement démenti l'un d'eux, Nelson
Mandela a passé son bâton de
médiateur à la communauté
internationale, pressant l'ONU de déployer une
force de maintien de la paix.
- A 83 ans, l'ancien président sud-africain
s'est dépensé sans compter pendant deux ans
pour faire progresser un processus laborieux qui a
débouché, le 28 août 2000, sur
l'accord de paix d'Arusha (Tanzanie), signé par le
pouvoir dominé par la minorité tutsie (15%
de la population), et l'opposition hutue et tutsie.
- L'accord de paix, rejeté par les rebelles
des Forces pour la Défense de la
Démocratie (FDD) et des Forces
Nationales de Libération (FNL),
prévoyait la mise en place d'institutions de
transition pour une période de trois ans, au terme
de laquelle doivent être organisées des
élections libres.
- Ce 1er novembre, seul le gouvernement de transition a
été officiellement installé.
D'interminables tractations bloquaient encore la mise en
place du Parlement.
- Outre M. Mandela et le secrétaire
général de l'Organisation de l'Unité
Africaine (OUA), Amara Essy, cinq chefs d'Etat africains
sur une douzaine invités ont assisté
à l'investiture. La population ne se pressait pas
dans les rues, presque désertes, au passage des
cortèges.
- Avant les 26 ministres dont les portefeuilles ont
été répartis entre Hutus et Tutsis,
le chef de l'Etat sortant, le Tutsi Pierre Buyoya,
a prêté serment en tant que président
de transition et le secrétaire
général du principal parti hutu, le
FRODEBU, Domitien Ndayizeye, en tant
que vice-président.
- M. Buyoya lui cédera sa place pour la seconde
moitié de la transition.
- "La responsabilité (du processus de paix)
passe désormais dans les mains de la Commission
de Suivi et d'Application (de l'accord d'Arusha,
CSA, composée de représentants de
tous les signataires) et celles de la communauté
internationale, sous les auspices des Nations unies", a
déclaré M. Mandela. Il a pressé le
Conseil de sécurité de l'ONU de mandater
rapidement une mission militaire de maintien de la paix.
- Les deux principaux mouvements rebelles refusent
toujours de négocier la paix. Pour le porte-parole
des FNL, Anicet Ntawuhiganayo, son
mouvement ne négociera le cessez-le-feu qu'avec
l'armée, qu'il tient pour seule détentrice
réelle du pouvoir.
- Quant aux FDD, elles ont affirmé dans un
communiqué être prêtes à
négocier avec le nouveau gouvernement, mais
réclament auparavant de sa part "des gestes de
bonne volonté" comme la libération
inconditionnelle des prisonniers politiques et le
démantèlement des camps de regroupement de
civils. Depuis ce 1er novembre, les deux mouvements ont
intensifié les combats.
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