- Le rapprochement entre
les deux mouvements rebelles marque un net durcissement
de leur position: ils n'acceptent plus, désormais,
de négocier qu'avec l'armée, et en posant
des conditions extrêmement difficiles à
satisfaire. Jusqu'à présent, seules les
Forces Nationales de Libération
(FNL) refusaient catégoriquement de
négocier avec le gouvernement, l'ancien ou celui
de transition qui, installé le 1er novembre,
répartit équitablement les portefeuilles
entre Hutus et Tutsis.
- Les FNL ne veulent discuter de cessez-le-feu qu'avec
l'armée.
- Les Forces pour la Défense de la
Démocratie (FDD) avaient entamé,
il y a plus d'un an, des négociations directes
avec le gouvernement, à Pretoria et Libreville.
Elles assuraient, le 1er novembre, qu'elles
continueraient de le faire avec le cabinet de transition.
- Mais dans un communiqué commun publié
le 26/11/2001, les deux mouvements posent
désormais sept conditions préalables
à des négociations avec l'armée,
"seule détentrice de tout le pouvoir",
soulignent-ils.
- En s'alignant sur la position intransigeante des FNL,
les FDD veulent concrétiser publiquement leur
grande offensive sur le terrain lancée dès
le lendemain de la transition. Depuis la signature de
l'accord de paix d'Arusha par le pouvoir et l'opposition
hutue et tutsie en août 2000, FNL et FDD font de la
surenchère dans les combats. Depuis le 1er
novembre, les FDD ont étendu leur champ d'action
à tout le pays. Plus une seule province n'est
épargnée.
- Les deux mouvements étaient jusqu'alors
concurrents, voire rivaux. Des combats très
meurtriers les ont opposés en 1996 et 1997.
- Les FDD sont estimées à environ 15.000
combattants.
- Les FNL, elles, combattent essentiellement autour de
Bujumbura et même jusque dans certains quartiers
périphériques de la capitale. Leurs troupes
sont estimées par l'armée à environ
5.000 hommes.
- Leur accord inédit "montre clairement que les
rebelles ne veulent pas négocier", a
analysé Pie Ntakarutimana, président
de la très indépendante Ligue Burundaise
des Droits de l'Homme Iteka. "Ils viennent de donner
un coup de frein aux négociations
déjà amorcées", a-t-il
accusé.
- "Nous nous voyons souvent, nous avons un même
ennemi", le pouvoir, a déclaré le
porte-parole des FNL, Anicet Ntawuhiganayo, tout
en démentant les rumeurs de fusion. "Ce sont nos
frères d'armes et nous nous rencontrons souvent",
a renchéri Pierre Nkurunziza, le leader des FDD.
- La plupart des sept conditions posées par les
rebelles sont difficilement réalisables. Ils
exigent notamment "le retour des militaires dans les
casernes". En clair, que l'armée quitte les
collines, en attendant le partage de ses effectifs entre
Hutus et Tutsis prévu par l'accord d'Arusha.
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- Une faction des FDD rejette ce rapprochement
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- Ce rapprochement a été rejeté
par une de leurs factions, qui le qualifie d'"imposture".
Dans un communiqué, un porte-parole des FDD,
Jérôme Ndiho, a affirmé que
cette déclaration était l'¦uvre d'un
"groupuscule d'anarchistes" qui avaient "piraté le
sigle" du mouvement.
- Pour mémoire, les FDD se sont scindées
en deux factions lorsqu'un groupe d'officiers a
écarté en octobre le coordinateur
général du mouvement, Jean-Bosco
Ndayikengurukiye, dont Jérôme Ndiho est
le porte-parole.
- Jean-Bosco Ndayikengurukiye avait entamé, sans
les FLN, des pourparlers avec le président Pierre
Buyoya à Libreville en janvier et avril 2001 et
veut "poursuivre ce processus de négociation",
indique le communiqué.
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