N° 247
du 02/04/2002

Burundi


Des groupes rebelles s'engagent à négocier un cessez-le-feu

Plusieurs mouvements de la rébellion hutue burundaise se sont engagés à Dar es Salaam à entamer prochainement des négociations sur un cessez-le-feu, en l'absence des deux groupes les plus actifs sur le terrain, ont indiqué fin mars des sources concordantes.
A l'issue d'une semaine de discussions à huis clos entre mouvements rebelles et représentants du gouvernement burundais, "tous les participants ont exprimé leur volonté de participer à des négociations en vue de conclure un cessez-le-feu au Burundi. Ces négociations doivent débuter prochainement", indique un communiqué du ministère tanzanien des Affaires étrangères.
Cinq mouvements ou factions rebelles étaient représentés lors de ces discussions, mais les deux groupes les plus actifs sur le terrain - la faction des Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) dirigée par Pierre Nkurunziza et la faction des Forces nationales de libération (FNL) dirigée par Agathon Rwasa - n'ont pas participé à ces consultations.
"Les FDD n'étaient pas présents à Dar es Salaam car c'est un coup du président burundais (Pierre Buyoya) pour contourner les vrais belligérants et les mettre en difficulté, cette réunion n'aura aucun effet sur le processus de paix", a déclaré M. Nkurunziza.
Pour Anicet Ntawuhiganayo, porte-parole des FNL, "ceux qui étaient réunis à Dar es salaam ne sont pas de vrais combattants, c'est une réunion qui ne servira à rien".
En revanche, l'ancien coordinateur général des FDD Jean-Bosco Ndayikengurukiye, qui revendique toujours la direction du mouvement, était présent dans la capitale tanzanienne, de même que Cossan Kabura, limogé du commandement des FNL par ses chefs militaires il y a un an.
Les trois autres groupes présents étaient les branches politiques de la rébellion, qui ont signé l'accord de paix d'Arusha d'août 2000.
Le président burundais Pierre Buyoya avait demandé en janvier au président tanzanien Benjamin Mkapa de convaincre les rebelles burundais de venir à la table de négociations pour arrêter les hostilités et oeuvrer à un cessez-le-feu.
Le vice-président sud-africain Jacob Zuma avait lui aussi demandé à M. Mkapa de faire pression sur les rebelles afin que ces derniers participent au processus de paix.
 
Sur le terrain, combats et atrocités continuent de plus belle. Dans la nuit du 22 mars par exemple, deux civils, dont une fillette, ont été assassinés par des rebelles au cours d'une attaque attribuée à des rebelles hutus des Forces de libération nationale (FNL) à Kamenge, un quartier nord de Bujumbura.


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